Promotion 2015 : la préparation aux premières fonctions commence
Publié le 03 avril 2017

Alors que les futurs magistrats de la promotion 2015 ont choisi leur premier poste le 24 mars dernier, ils débutent ce lundi 3 avril leur spécialisation – appelée préparation aux premières fonctions ou PPF - par une période d’études d’un mois à l’ENM avant de repartir en stage en juridiction. Objectif : maîtriser les spécificités du poste qu’ils occuperont à partir du 1er septembre 2017.
Dernière ligne droite pour les auditeurs de justice de la promotion 2015 qui vont vivre quelques semaines particulièrement intenses à l’École. Ateliers dédiés à des situations professionnelles concrètes, visites dans des services épaulant la justice au quotidien, rencontres et conférences animées par des magistrats et des intervenants spécialisés… Les programmes sont déclinés pour chacune des fonctions du siège et du parquet : juge, juge d’instance, juge de l’application des peines, juge des enfants, juge d’instruction, juge placé, substitut du procureur ou substitut placé.
Focus sur les fondamentaux liés aux futurs postes
Les enseignements dispensés dans le cadre de la préparation aux premières fonctions viennent approfondir le socle de compétences communes à toutes les fonctions de magistrat qui a été enseigné en période dite généraliste. Ils collent ainsi au plus près des pratiques professionnelles liées aux spécificités d’une fonction.

Sont notamment abordés :
• le traitement en temps réel des procédures et le rôle de l’avocat général devant la cour d’assises avec les futurs magistrats du parquet,
• les conséquences de la séparation parentale sur les enfants et la délinquance des mineurs avec les futurs juges des enfants,
• la stratégie d’enquête et les reconstitutions de scènes de crime avec les futurs juges d’instruction,
• la prise en charge des auteurs de violences sexuelles et l’actualité sur le droit de la peine avec les futurs juges de l’application des peines,
• la réforme du droit des contrats et certains contentieux techniques et spécialisés avec les futurs juges et juges d’instance…

Les focus sur la prise en main et la gestion d’un cabinet font aussi partie des enseignements phares de cette période d’études.
Par ailleurs, les auditeurs ayant choisi l’un des onze postes outre-mer proposés par la direction des services judiciaires bénéficieront d’échanges spécifiques pour préparer cette prise de fonction ultramarine.
Rencontrer les futurs partenaires du magistrat
La PPF est également l’occasion d’évoquer la dimension partenariale du métier de magistrat. Cela se traduit notamment par la rencontre des futurs juges des enfants avec les directeurs stagiaires de l’École nationale de la protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ) et celle des futurs juges de l’application des peines avec les élèves directeurs pénitentiaires d’insertion et de probation de l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP).
Des échanges sur le terrorisme et la radicalisation
Traitement judiciaire du renseignement, évolutions des modes opératoires terroristes… Si les élèves magistrats ont déjà bénéficié d’éclairages sur les thématiques de la prévention de la radicalisation et du traitement judiciaire du terrorisme pendant la période d’études initiale, le sujet est abordé sous un angle plus opérationnel pendant la PPF.
Certaines conférences sont aussi spécifiques à une fonction en particulier, par exemple celles sur « le juge des enfants face aux dossiers de radicalisation » ou « la prise en charge pénitentiaire de la radicalisation violente ».
Des temps forts pour l’ensemble de la promotion
Enfin, plusieurs temps forts rythment ce mois à l’École. L’ensemble de la promotion assistera notamment aux interventions de Jean-Michel Hayat, président du TGI de Paris, de François Molins, procureur de la République près le TGI de Paris - qui présentera comme l’année dernière les spécificités du parquet de Paris - et du Conseil supérieur de la magistrature.
Les auditeurs de justice participeront également à une nouvelle séquence pédagogique transversale de réflexion sur le positionnement du magistrat et sur la gestion des émotions, durant laquelle leur sera présentée l’intervision*.


Ce mois de formation à l’École sera suivi d’un stage de spécialisation en juridiction de douze semaines.


* L’intervision est un outil pédagogique qui permet à deux magistrats, qui ont choisi de constituer un binôme, de porter mutuellement un regard critique sur les prestations de l’autre