Reconversion : préparer le concours complémentaire
Publié le 06 avril 2016

Les inscriptions au concours complémentaire de l’ENM sont ouvertes jusqu’au 4 mai aux professionnels en activité depuis au moins dix ans. Comment se préparer aux épreuves d’admissibilité et d’admission ? Trois stagiaires de la promotion 2016 témoignent.

Nathalie Moënet et Matthieu Guy, anciens greffiers, et Aurélie Chavagnon, ex-avocate au barreau de Paris, ont réussi le concours complémentaire de recrutement de magistrats du second grade de la hiérarchie judiciaire en fin d’année dernière. Pour y parvenir, ils ont tous suivi, en parallèle de leur activité professionnelle, une préparation publique en ligne, complétée de quelques jours de formation en présentiel.

Le recours à une prépa. n’est pas obligatoire mais permet de bénéficier d’un suivi personnalisé qui aide beaucoup les candidats.

Actualisation des connaissances et conseils méthodologiques

Première étape : se replonger dans les ouvrages et codes juridiques des années après avoir quitté les bancs de la fac. « Les inscriptions au concours ont eu lieu en avril et la prépa débutait en juin. Entretemps, j’ai lu des ouvrages de droit civil, de droit pénal et de droit public », raconte Matthieu Guy. « C’est important de faire ce travail en amont car le but de la prépa n’est pas d’apprendre ou de réviser des connaissances juridiques, mais plutôt de les réactualiser en abordant notamment les réformes en cours », précise Aurélie Chavagnon.

Autre objectif de cette formation de quelques mois : renouer avec les réflexes méthodologiques acquis à l’université. « Je n’avais pas fait de dissertation juridique ou de note de synthèse depuis des années : il est nécessaire de s'entraîner et d'effectuer ces exercices dans les conditions du concours », confie Matthieu Guy. « C’est indispensable de se réapproprier les bases : savoir construire une introduction ou un plan, organiser ses idées, faire une démonstration. Cela améliore forcément la qualité de nos copies », ajoute Nathalie Moënet.

Deux à trois concours blancs sont aussi organisés pour chacune des épreuves. « Je trouve les oraux blancs essentiels. Cela m’a permis de me rendre compte de mes points forts, mais surtout de corriger mes faiblesses avant le concours. »

Un rythme exigeant

Si les cinq mois de formation des stagiaires des concours complémentaires sont particulièrement intenses, la préparation impose déjà un rythme de travail exigeant pour mettre toutes les chances de son côté. Chaque semaine, deux à trois cours et un devoir leur étaient proposés : « Cela demande un investissement très important : je consacrais mes soirées et mes week-ends au concours », conclut Aurélie Chavagnon.

Les épreuves d’admissibilité, qui se dérouleront cette année les 7, 8 et 9 septembre, se préparent en général dès l’inscription au concours au mois d’avril (même si les cours commencent en juin pour ceux qui s’inscrivent à une prépa. publique).

Débute ensuite la préparation aux épreuves d’admission jusqu’en novembre pour les candidats admissibles.