Addictions et délinquances : comment rénover le traitement judiciaire ?
Publié le 06 janvier 2016

Dans le cadre d’un projet financé par le fond de concours 2015 de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues Et les Conduites Addictives (MILDECA), l’École nationale de la Magistrature (ENM) a organisé, les 17 et 18 décembre derniers à Paris, un séminaire qui a réuni 80 magistrats et partenaires français et européens autour de 12 experts français et étrangers sur la question du traitement judiciaire des addictions.
Accompagner la sortie de la délinquance
Ce séminaire s’est construit sur l’expertise de ses coordonnateurs scientifiques (Martine H. Evans, professeur à l’Université de Reims, et Jean-Philippe Vicentini, procureur de la République près le tribunal de grande instance de Beauvais), d’intervenants universitaires et de praticiens. Basé sur les conclusions de trois visites d’études (en Belgique, Ecosse et Irlande), il a permis à l’ENM de proposer aux participants une information pratique sur les nouveaux dispositifs mis en place en France et à l’étranger, dans le but d’accompagner la sortie de la délinquance dans un contexte d’addiction.
Dans cette optique, les différentes interventions ont permis de dresser un état des lieux des conduites addictives, de leur influence sur les parcours délinquants et sur la réitération des faits, mais aussi des différentes expériences développées avec succès aux États Unis, au Canada, en Écosse, en Nouvelle-Zélande ou en Belgique, afin d’en identifier les facteurs de réussite et de nourrir une réflexion sur la transposabilité de certaines bonnes pratiques.
Prévenir les addictions
La confluence fréquente des parcours addictifs et délinquants oblige en effet l'institution judiciaire à se réinventer en permanence pour intervenir efficacement et au bon moment, dès l'enquête et jusqu'à la phase post-sentencielle. Les pratiques addictives évoluant par ailleurs très rapidement, tout comme leurs conséquences criminologiques, les acteurs judiciaires (magistrats pénalistes, juges des enfants, partenaires associatifs, etc) doivent s'adapter, rechercher au niveau international les pratiques innovantes et performantes, accepter de soumettre leurs propres pratiques à l’évaluation et rechercher de nouvelles collaborations.
La MILDECA, créée en 1982, anime et coordonne l’action du gouvernement en matière de lutte contre les drogues et les conduites addictives. Elle accompagne les partenaires publics, institutionnels et associatifs dans la mise en œuvre de cette politique publique, en leur apportant un soutien méthodologique ou financier. Au plan international, la MILDECA contribue à l’élaboration des positions françaises en matière de lutte contre les drogues et les conduites addictives. Elle fait valoir à l’étranger l’approche globale et intégrée de la France.