Formation initiale : zoom sur la direction d’études en petit groupe
Publié le 06 octobre 2016

Bien qu’elle accueille la plus importante promotion de son histoire, l’ENM se donne les moyens de maintenir la qualité de sa formation en conservant le format pédagogique de la direction d’études dispensée en petit groupe. Objectifs : favoriser les échanges entre auditeurs et avec l’équipe pédagogique, multiplier les simulations pratiques et préparer à la collégialité.
Jeudi 1er septembre dernier, les élèves magistrats suivaient leur première direction d’études au sein de leur groupe de 20 ou 21 auditeurs de justice. « Ces séances de travail sont très concrètes : on nous met immédiatement face à nos responsabilités en nous demandant, par exemple, quel service nous saisirions dans une situation donnée en tant que magistrat du parquet, quel acte nous prendrions en tant que juge d’instruction, etc. », raconte Marion Laprévote, auditrice de justice issue du 1er concours rattachée au groupe 15 de la promotion 2016. « L’approche est en effet pragmatique et permet de rentrer directement dans le vif du sujet », ajoute Vincent Le Duff, auditeur recruté sur titre de l’article 18-1, du même groupe.
Favoriser les échanges

Au-delà de ces mises en situation (cas pratiques, simulations d’audiences…), le travail en petit groupe a pour vocation de préparer les élèves magistrats à la collégialité : « Même si elle est institutionnellement un peu en voie de disparition, elle reste un outil absolument indispensable pour le magistrat qui doit savoir confronter ses idées à celles des autres », affirme Delphine Bourgouin, adjointe à la sous-directrice des études. Par conséquent, les auditeurs sont invités à constituer régulièrement de nouveaux sous-groupes au sein de leur groupe : « Il faut qu’ils apprennent à s’écouter, à réfléchir ensemble et à s’apporter mutuellement en échangeant avec différents interlocuteurs », précise-t-elle. Une méthode de travail qu’apprécie Vincent Le Duff : « Tout le monde joue le jeu de l’ouverture et nos profils variés permettent à chacun de nourrir nos réflexions communes », assure-t-il. Quant à Marion Laprévote, elle trouve « vraiment enrichissant de pouvoir échanger avec des auditeurs d’horizons très différents et de bénéficier de leur expérience ».

Par ailleurs, le fait de conserver des groupes de travail d’une vingtaine d’élèves magistrats dans une promotion qui en compte 376 (364 auditeurs de justice, neuf élèves avocats et trois auditeurs ou magistrats étrangers) est important « pour préserver la qualité de la relation pédagogique » avec les six coordonnateurs de formation de l’ENM et magistrats enseignants associés qui suivent chaque groupe pendant toute la période d’études, selon Delphine Bourgouin.

Pour garder le même nombre d’élèves magistrats par groupe que l’an dernier, il a fallu passer de quatorze à dix-huit groupes, ce qui a créé des besoins supplémentaires de salles et de formateurs (Cf. ENM info n°46).

Constituer des groupes homogènes

Pour la répartition des auditeurs de justice dans les différents groupes en mai dernier, le service des études a pris en compte de nombreux critères. « Nous avons travaillé en amont sur les statistiques liés à la composition de la promotion, puis nous avons procédé à la constitution des groupes (ce qui représente environ une semaine de travail). En premier lieu, nous avons croisé deux critères principaux – la répartition hommes/femmes et les origines de recrutement. Chaque groupe compte ainsi, à titre d’exemple, onze auditrices issues du 1er concours. Nous avons été attentifs au fait d’obtenir, dans chacun d’eux, une représentation équilibrée entre les auditeurs issus des concours et les 18-1 et, en parallèle, aux rangs de classement aux concours », explique Isabelle Trarieux, chef du service des études.

Dans un second temps, plusieurs autres critères ont encore été étudiés. « Nous avons notamment réparti le plus équitablement possible les anciens élèves des classes préparatoires de l’ENM, les auditeurs issus des instituts d’études politiques, les anciens assistants de justice de l’ENM ou des juridictions, avocats, greffiers ou directeurs de greffe, les auditeurs à besoins spécifiques ou encore les homonymes », précise Magali Lecaille, adjointe au chef de service des études, pôle scolarité.

« Le but est d’avoir des groupes homogènes, de garantir une égalité de traitement entre eux et de permettre à l’ensemble de la promotion de progresser au même rythme dans la formation », souligne Delphine Bourgouin. Et d’ajouter : « Les groupes de formateurs attribués à chacun des groupes d’élèves magistrats sont constitués avec la même volonté d’équilibre entre les coordonnateurs de formation de l’ENM et les magistrats enseignants associés, les hommes et les femmes, mais aussi les nouveaux formateurs et les magistrats plus expérimentés en termes de pédagogie. »

Enfin, la liste des groupes est communiquée en amont aux formateurs qui peuvent demander, selon Isabelle Trarieux, des changements « pour garantir neutralité et équité » s’ils ont, par exemple, déjà travaillé aux côtés d’un des auditeurs de leur groupe.