Pourquoi devenir magistrat ? (1/2)
Publié le 07 janvier 2016

Ils ont intégré l'ENM en février dernier, après avoir suivi un cursus d'études à la faculté de Montpellier et à l'IEP d'Aix-en-Provence. Jean-Baptiste Sauty et Pauline Loine, deux auditeurs de justice de la promotion 2015 issus du 1er concours, reviennent sur les motivations qui les ont amenés à devenir magistrat.
Pourquoi de jeunes étudiants décident-ils d'embrasser le métier de magistrat ? Défenseur de l'intérêt général, garant des libertés publiques et individuelles, le magistrat exerce un métier à très haute responsabilité, à la fois passionnant et exigeant, nécessitant d'importantes compétences intellectuelles et humaines. La prise de décision et l'autorité font partie intégrante des fonctions offertes par la magistrature.
Des fonctions variées, qui s'inscrivent dans la réalité

Jean-Baptiste Sauty, 24 ans, a obtenu un Master 2 professionnel, mention « Droit des contentieux », à la faculté de Montpellier 1. « C'est notamment au cours de ce Master 2 que le déclic s'est produit de vouloir exercer la profession de magistrat », explique-t-il. « Une partie des enseignements nous a été dispensée par des juges et des procureurs, qui nous ont transmis l'exercice de leur métier avec passion. Grâce aux échanges riches qui ont pu s'instaurer avec eux, nous avons été plusieurs à nous décider à nous présenter au concours d'entrée à l'ENM. En effet, cette transmission de savoir et d'expérience m'a permis d'entrevoir une profession très riche et dynamique. »
Jean-Baptiste Sauty a ensuite suivi la préparation au concours de l'ENM, dispensée par l'IEJ de Montpellier 1. La variété des fonctions offertes par la magistrature constituait sa première motivation, ainsi que « le contact direct avec les justiciables et les partenaires ».
Les dimensions de décision et d'autorité « intrinsèques et indispensables à l'exercice des fonctions de magistrat » correspondent à ses attentes car « elles permettent d'apporter une réelle solution aux cas présentés au magistrat, le rôle de ce dernier étant alors particulièrement concret, s'inscrivant dans la réalité immédiate », observe-t-il.

Ayant effectué son cursus d'études à l'IEP d'Aix-en-Provence, Pauline Loine, 23 ans, est la benjamine de la promotion 2015. Comme Jean-Baptiste Sauty, elle a été attirée par « l'aspect très concret de la fonction de magistrat, qui se trouve profondément enracinée dans la réalité du quotidien ». Pauline Loine a été initiée très jeune au métier de magistrat. « Lorsque j'avais une douzaine d'années, mes parents m'ont amenée assister à des audiences. Le monde de la justice m'intriguait, avec sa symbolique, son cérémonial, sa vocation au sein de la société », raconte-t-elle. « Mais le déclic s'est produit en 1ère année d'études, lorsque j'ai commencé à découvrir le droit et la rigueur du raisonnement qui y était attaché. J'ai tout de suite apprécié le côté à la fois intellectuel mais aussi très opérationnel de la matière », ajoute-t-elle.

Responsabilités et humanité
« Le métier de magistrat induit par ailleurs l'exercice de grandes responsabilités dès le premier poste », ajoute Pauline Loine. « Ce n'est pas une fonction anodine ou un choix d'orientation par défaut: la magistrature doit être un métier de passion, et c'est aussi pour cela que je l'ai choisi. »
« Etre magistrat revêt une dimension humaine incontestable fondée sur l'écoute et la disponibilité » poursuit-elle. « C'est peut-être de cela que les fonctions tirent finalement toute leur noblesse. Il me semble que cet aspect participe pleinement de l'autorité naturelle des décisions du magistrat, et de la confiance que les justiciables placent dans leur institution judiciaire ».