Xavier Ronsin quitte, «en magistrat libre», une école «apaisée en état de marche»
Publié le 11 mai 2016

Xavier Ronsin a terminé ce lundi son mandat de directeur de l’École nationale de la magistrature. Après quatre années au poste « le plus beau et le plus passionnant de [sa] carrière », il devient premier président de la cour d’appel de Rennes. Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation et Jean-Claude Marin, procureur général près ladite cour, respectivement président et vice-président du conseil d’administration de l’ENM, ont rendu hommage à l’homme et à son action lors de la cérémonie de départ qui s’est tenue le 2 mai dernier.
Diriger l’École nationale de la magistrature en magistrat libre

« Je suis venu saluer un directeur qui s’en va certes, mais aussi et avant tout un directeur qui a démontré qu’on peut diriger l’École nationale de la magistrature en magistrat libre, habité par l’esprit de neutralité qui doit inspirer les pensées et la conduite de tout magistrat », a déclaré le président du conseil d’administration de l’ENM. « Nous n’oublierons pas que vous avez restauré l’attractivité du concours de l’École nationale de la magistrature (…). Vous avez prouvé que la justice peut demeurer un idéal et un métier enviable pour notre jeunesse en parvenant à multiplier par deux en cinq ans le nombre de candidats aux concours de l’École nationale de la magistrature.

Grâce à [votre] esprit de synergie, vous avez réussi le quasi-triplement de la promotion des auditeurs en cinq ans. Et je ne dois pas omettre bien sûr le prestige international de l’École nationale de la magistrature, si essentiel à son image, que vous avez porté à son meilleur niveau. »

Le président du conseil d’administration a ensuite tracé à grandes lignes des « nouveaux paris qui se présentent, à une école en état de marche saine, au plan pédagogique comme au plan institutionnel » : la formation par l’ENM des juges que sont les conseillers prud’hommes, le « big data judiciaire » qui doit être appréhendé comme un outil de pédagogie à construire pour l’ENM dans le prolongement du projet de loi pour une République numérique ou encore l’évolution des modalités d’accès et de sortie de l’ENM.

Vous avez gagné, l’École est reconnue

Le vice-président du conseil d’administration a souligné, quant à lui, l’exemplarité de la carrière du directeur qui « est à l’image de ce qu’est la magistrature, de ce qu’elle doit être » : magistrat du siège pendant 9 ans, puis du parquet, puis à l’administration centrale avant un retour en juridiction et enfin l’ENM.

Le vice-président est également revenu sur les « rudes épreuves » auxquelles le directeur a dû faire face pendant son mandat : « ces coups d’accordéons sur les effectifs non suivis de mesures budgétaires, (…) ces incertitudes et problématiques de recrutements, ces problématiques de visibilité de l’École notamment dans notre université. Paradoxalement, elle est reconnue par le parlement comme un modèle mais il a fallu beaucoup d’efforts de votre part pour la faire reconnaître par l’université française. (…) A partir du moment où les hommes politiques commencent à parler de l’École pour la supprimer, vous avez gagné, l’École est reconnue », a-t-il conclu.

L’heure du bilan

Lors de son discours de départ, Xavier Ronsin a remercié les personnels de l’ENM pour leur professionnalisme et leur engagement sans faille, ces quelques 200 personnes sans qui rien n’aurait été possible. Aussi a-t-il souhaité apporter cinq éclairages sur ses « 50 mois à l’École, à la fois très longs et très courts au regard du nombre de projets dont nous nous sommes emparés et que nous avons menés à bon port ». Il a déclaré laisser :

• une école apaisée, tant en interne grâce aux moyens humains et financiers supplémentaires obtenus que dans sa relation à la tutelle, une école qui a su répondre aux défis de la montée en charge considérable de ses activités en particulier en formation initiale,
• une école qui rayonne dans le monde de la formation judiciaire,
• une école contrôlée à maintes reprises et qui sait décrire et défendre ce qu’elle fait, qui dispose d’une doctrine étayée,
• une école rénovée ou en passe de l’être sur le plan immobilier,
• une école en mouvement qui a restauré l’attractivité de la magistrature, qui a accompli sa révolution culturelle de la pédagogie numérique, qui a installé définitivement dans le paysage de la formation continue des magistrats des cycles longs qualifiants et enfin qui est prête à relever le défi de la formation de 10 000 nouveaux conseillers prud’homaux.

A l’heure du au revoir, le directeur a dit sa « nostalgie de quitter cette équipe remarquable qui [l]’a accompagné pendant ces 50 mois, et particulièrement ceux de [son] cabinet (…) et bien sûr [son] chef de cabinet Jean-Bastien Risson qui a su admirablement [le] seconder chaque jour dans la compétence, la loyauté et la fidélité la plus
absolue.
»

Lire le discours de Bertrand Louvel, premier président de la Cour de cassation prononcé à l’occasion du départ de Xavier Ronsin.

En savoir plus sur les grands projets de l’ENM menés de 2012 à 2015.