Conseillers prud’hommes : l’ENM forme les magistrats - formateurs
Publié le 12 décembre 2017

Olivier Leurent, directeur de l’ENM et Laurence Arbellot, sous-directrice et cheffe du département des formations professionnelles spécialisées accueillaient, les 20 et 21 novembre derniers, la première formation de formateurs des conseillers prud’hommes.
Depuis le 20 novembre, l’ENM forme les magistrats recrutés pour animer, dès juin 2018, les ateliers de formation dispensés aux 10 000 conseillers prud’hommes (CPH) nouvellement nommés.

Répartie sur deux jours, cette formation de formateurs leur permet d’organiser, animer et évaluer l’atelier de formation initiale des conseillers prud’hommes en utilisant les outils de formation conçus par l’ENM. L’occasion également de revenir sur les différents modules d’e-formation qui, associés aux deux journées d’ateliers — formation dite « en présentiel » — composent le parcours de formation initiale des CPH conçu par les équipes de l’ENM.

Rencontre avec Isabelle Herbonnière, Vice-présidente du tribunal de grande instance de Marseille chargée du départage prud’homal et future formatrice de CPH.

Lors d’un entretien publié en juillet dernier dans l’ENM Info dédié à la formation des nouveaux publics, vous aviez confié vos attentes quant à la formation de formateurs. À l’issue de ces deux jours, quelles sont vos impressions ?
Il s'agit d'une formation de grande qualité, faite par des professionnels expérimentés, ce qui l'a rendue très utile et opérationnelle. J'ai beaucoup appris sur les méthodes pédagogiques, notamment pour permettre aux adultes de tirer durablement et efficacement le meilleur des formations mises à leur disposition.
Selon vous, quels sont les principaux sujets développés lors de la formation des conseillers prud’hommes qui devraient permettre de renforcer l’efficacité de la justice prud’homale ?

Un effort tout particulier a été porté sur des sujets tels que la déontologie, l'impartialité, tant objective que subjective, la lecture des dossiers et la rédaction du jugement.

Dans la mesure où il s'agissait de difficultés régulièrement pointées, et notamment mises en exergue dans le rapport dit Lacabarats, j'ai bon espoir qu'après leur formation, les conseillers prud’hommes aient une bonne appréhension de ces notions, qui ne sont pas nécessairement évidentes, et que cela ait des effets positifs sur le déroulement des audiences et la qualité des décisions rendues.

Que pensez-vous du parcours de formation initiale conçu par l’ENM et notamment de l’association e-formation et atelier en présentiel ?

Je pense qu'il est d'abord nécessaire de souligner la masse et la qualité du travail qui a été fourni par les équipes de l'ENM pour construire un projet cohérent et de très grande tenue.

L’e-formation est faite sous un format accessible et agréable, très moderne dans sa forme et complet dans son contenu. Elle permettra aux conseillers d'arriver en formation en ayant abordé les bases, et normalement avec des questions et interrogations en tête.

Il faut garder à l'esprit que les conseillers auront déjà passé quelques mois en juridiction lorsque les formations en ateliers seront dispensées. L'intérêt des ateliers sera donc, tout en assurant une formation homogène sur le territoire national, d'apporter des réponses aux interrogations pratiques des conseillers, adaptées à leurs questionnements particuliers et à leur début d'expérience, et également de les aider à comprendre ce qui peut leur sembler complexe ou n'a pas été compris.

Enfin, ces échanges permettront, surtout, de mettre en pratique, par des exercices, des jeux de rôle, etc., ce qu'ils auront appris et qu'ils devront appliquer de retour dans leur Conseil de Prud'hommes, pour rendre une justice impartiale, éclairée, compréhensible et de qualité.

En savoir plus sur la formation des conseillers prud’hommes : télécharger la plaquette de présentation

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