Pourquoi devenir magistrat ?
Publié le 14 décembre 2013

Défenseur de l’intérêt général, garant des libertés publiques et individuelles, le magistrat exerce un métier à très haute responsabilité, à la fois passionnant et exigeant, nécessitant d’importantes compétences intellectuelles et humaines. Des auditeurs des promotions 2012 et 2013, en cours de formation, reviennent sur les motivations qui les ont poussés vers la magistrature.
Un métier au cœur de la cité
Qu’il soit juge ou procureur, le magistrat est au cœur de la vie de la cité, en prise directe avec le quotidien des citoyens et leur réalité. Une dimension humaine du métier qui tient à cœur aux auditeurs.
« Ce métier m'a attiré bien entendu pour les responsabilités qu'il offre. C'est difficile à expliquer, mais il y a une part de « fondamental » dans la fonction de juger, c'est un rôle social d'importance », déclare Julien Heuty, 26 ans, auditeur de justice de la promo 2013 issu du 1er concours.
Christian Bourdon, 40 ans, issus du 2e concours, a été greffier pendant 8 ans avant d’intégrer l’ENM. Il a souhaité évoluer vers la magistrature pour être « au cœur de la société » et exercer « un métier passionnant ». « En appliquant la règle de droit à chaque cas d'espèce tout en veillant à ce que ses décisions soient comprises par les parties, le magistrat contribue, humblement, à maintenir, voire restaurer, une certaine paix sociale », observe-t-il.
Vincent Tridon, 33 ans, auditeur de la promotion 2012 issu du 3e concours, ancien journaliste, a choisi de se reconvertir dans la magistrature pour « passer du statut de témoin à celui d’acteur. J’avais très envie de faire du droit, de mener une réflexion juridique. Je recherchais davantage d’investissement personnel dans mon métier et la notion de service public a du sens pour moi », explique-t-il. « Même si la tâche paraît immense, chaque magistrat œuvre pour le bien collectif et apporte sa pierre à l’édifice. On se sent vraiment utile à la société ».
Une haute responsabilité dès le premier poste
Dès le début de sa carrière, le magistrat exerce toutes les attributions liées à son poste. Ses décisions ont un impact sur la vie des gens. Représentant de l’autorité judiciaire, il se doit de respecter les lois et une déontologie exigeante.
Plus généralement, « s’il paraît nécessaire de faire la part des choses entre vie professionnelle et personnelle, le choix de devenir magistrat ne doit pas être pris à la légère », observe Matthieu Reul, 28 ans, auditeur de justice de la promo 2013 issu du 1er concours. « Le statut et les responsabilités du magistrat lui demandent de faire preuve d’une certaine conduite dans sa vie privée et sociale. C’est notamment parce qu’il s’agit d’un métier de décision et de grande responsabilité que je l’ai choisi », souligne-t-il.
Marianne Dewas, 25 ans, auditrice de la promotion 2013 issue du 1er concours, a rejoint quant à elle la magistrature pour « l’indépendance, la prise de décision et la recherche constante de justice qui caractérisent le métier de magistrat ».
Une grande mobilité fonctionnelle
« A travers un corps unique, la magistrature ouvre à une multitude de métiers », relève Jordan Abedi, auditeur de justice de la promotion 2013, issu du 1er concours. En effet, tout au long de sa carrière, le magistrat peut exercer des fonctions nombreuses et variées, au civil comme au pénal, au siège ou au parquet, telles que : juge de grande instance, juge d’instance, juge de l’application des peines, juge d’instruction, juge des enfants et substitut du procureur. Le stage juridictionnel de 10 mois, que les auditeurs effectuent durant leur deuxième année de formation, permet de découvrir chaque fonction aux côtés des magistrats qui l’exercent. « On se rend compte que chaque fonction présente de l’intérêt », note Vincent Tridon.
« Les magistrats peuvent également être amenés à exercer un certain nombre de fonctions en détachement dans les autres administrations et à l’étranger, ce qui n’est pas du tout négligeable », ajoute Matthieu Reul. « La diversité des fonctions qu’il est possible d’exercer rend l’ennui intellectuel impossible », conclut-il.
Une rémunération évolutive
En début de carrière, un magistrat perçoit 2674 € net/mois. Cette rémunération évolue avec la carrière : elle atteint 3662€ à partir de la 6e année d’activité et 6260€ pour un magistrat cumulant plus de 19 années en poste.