Les partenariats au cœur de la spécialisation des futurs magistrats
Publié le 17 mai 2017

Les différents partenaires des magistrats du siège et du parquet sont régulièrement invités à échanger avec les auditeurs de justice durant leur spécialisation – ou préparation aux premières fonctions - à l’ENM. Focus sur la dimension partenariale des programmes des futurs substituts du procureur, juges de l’application des peines et juges des enfants de la promotion 2015.
Les enquêteurs et les experts à la rencontre des futurs substituts

« Les enquêteurs et les experts étant des partenaires privilégiés du parquet en matière d’enquêtes, il est important qu’ils échangent autant que possible avec les futurs substituts du procureur avant leur prise de poste en septembre, en particulier sur leur rôle de directeur d’enquête », explique Laurent Gevrey, coordonnateur de formation à l’ENM.

Ainsi, deux jours d’ateliers pratiques dédiés au traitement en temps réel des procédures par la permanence du parquet ont été encadrés par des binômes de magistrats et enquêteurs (un policier la première journée, un gendarme la seconde), notamment pour permettre aux futurs substituts de « voir comment ils travaillent sur le terrain ». De la même manière, plusieurs conférences à deux voix ont été proposées : « Un commissaire de la direction nationale anti-terroriste a par exemple participé à la présentation du parquet anti-terroriste. », ajoute Laurent Gevrey.

Les experts interviennent pour leur part sur des thématiques diverses : l’expertise incendie, accident, ADN, informatique, balistique, toxicologique… « La preuve scientifique se développe ; il est essentiel que les experts présentent toutes leurs possibilités aux futurs magistrats », précise-t-il.

Permettre aux futurs juges des enfants d’identifier les bons partenaires

« La dimension partenariale du programme de spécialisation des futurs juges des enfants doit leur permettre de voir concrètement le lien entre ce que décide le juge dans son cabinet et ce qui se passe sur le terrain », résume Marion Wiszniak, coordonnatrice de formation à l’ENM. « L’objectif est de les aider à identifier les bons partenaires et de les alerter sur les difficultés qu’ils peuvent rencontrer. »

Ainsi, les auditeurs de justice de la promotion 2015 ont notamment rencontré les directeurs stagiaires de l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ), à Roubaix, « afin d’échanger sur leurs représentations des deux métiers et de travailler ensemble sur un dossier complexe ». Un chef de service éducatif est par ailleurs intervenu aux côtés d’une juge des enfants sur le volet « application des peines » de la fonction, pour évoquer les différentes mesures prononcées par les magistrats ainsi que l’accompagnement éducatif qui peut être mis en place.

Au programme également : plusieurs séquences sur la protection de l’enfance. Une responsable de cellule de recueil des informations préoccupantes - qui transmet des signalements aux autorités judiciaires -, a ainsi expliqué aux auditeurs le travail effectué avant la saisine du juge des enfants.
Des spécialistes du secteur médical - dont plusieurs pédopsychiatres - ont pour leur part abordé des thèmes tels que l’inceste ou la maltraitance, en évoquant chaque fois la façon dont ils travaillent avec les magistrats sur ces sujets.

Enfin, la collaboration avec les magistrats du parquet a également fait l’objet d’une séquence animée par un parquetier mineur. Objectif : « expliquer les liens au civil et au pénal entre le parquet des mineurs et le juge des enfants », précise Marion Wiszniak.

Forte dimension partenariale pour les juges de l’application des peines

« L’une des principales missions du juge de l‘application des peines, c’est d’être vraiment dans la cité puisqu’il s’agit de permettre à des gens qui ont été condamnés de la réintégrer le mieux possible. Il y a donc un travail partenarial très important avec l’administration pénitentiaire, mais aussi avec la société civile », explique Marine Lacroix.

Après trois jours de déplacement à l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) qui leur ont permis de rencontrer notamment des élèves directeurs d’établissements pénitentiaires, les futurs juges de l’application des peines de la promotion 2015 ont suivi une séquence pédagogique consacrée à la relation entre le JAP et le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) à laquelle a participé un directeur de SPIP. Ils ont par ailleurs effectué plusieurs visites dont celles d’un pôle de placement sous surveillance électronique et d’une structure de placement extérieur.

La dimension partenariale avec les collectivités territoriales a également fait partie des thèmes abordés durant cette spécialisation. « Les postes de travail d’intérêt général étant en grande majorité fournis par les collectivités, le JAP a vraiment pour mission d’aller rencontrer les maires et les responsables de tous les lieux qui pourraient proposer de tels postes », précise Marine Lacroix.

Enfin, les relations avec le corps soignant sont aussi importantes puisque la majorité des personnes suivies par le JAP ont des obligations ou injonctions de soins. « Nous avons proposé plusieurs séquences dédiées dont l’une sur l’articulation entre la justice et les soins animée par un médecin addictologue, un membre du SPIP et un JAP », conclut-elle.

Après ce mois de préparation aux premières fonctions à l’ENM, les futurs magistrats de la promotion 2015 complètent leur formation par un dernier stage en juridiction dans la fonction choisie.

Voir : les vidéos sur les fonctions de substitut, de juge des enfants et de juge de l’application des peines.