Des élèves magistrats confient les clés de l’amphi à Robert Badinter
Publié le 18 mars 2016

Robert Badinter était l’invité de la promotion 2015, le 9 mars dernier, dans le cadre d’une nouvelle activité optionnelle du pôle environnement judiciaire baptisée « les clés de l’amphi ». Sollicité par deux auditeurs de justice, Fatiha Touili et Sidi Mohamed Van-Wijck, « pour délivrer un message fort et optimiste aux futurs magistrats », il a choisi d’évoquer devant eux « le terrorisme et la loi ».
Robert Badinter a beau être déjà venu à l’ENM, chacune de ses visites reste un événement. Cette fois, c’est à la demande d’élèves magistrats qu’il est intervenu devant la promotion 2015. « C’est un important témoin de l’histoire et nous savions qu’il allait nous délivrer un message fort et optimiste », confie Fatiha Touili. « Il fait partie de ces grands individus qui ont beaucoup œuvré pour la justice : l’accueillir est une façon de lui exprimer notre reconnaissance en tant qu’auditeurs de justice », explique Sidi Mohamed Van-Wijck.
« L'État de droit ne doit pas être l'État de faiblesse »

Après l’intervention de Boris Cyrulnik sur la radicalisation la veille, Robert Badinter a lui aussi souhaité réagir à l’actualité en abordant le rapport entre la loi, le juge et le terrorisme.

L’ancien garde des Sceaux et président du Conseil constitutionnel a ainsi souligné le rôle essentiel des magistrats dans le contexte de lutte anti-terroriste actuel : « L'État de droit ne doit pas être l'État de faiblesse. (…) Face à ceux qui usent du terrorisme contre des victimes anonymes, il faut évidemment rappeler ce que nous sommes et la faiblesse n'est pas ce que doit être la démocratie », a affirmé Robert Badinter. « Il faut conserver les principes fondamentaux qui fondent la démocratie. (…) Sur les libertés individuelles, c'est à la justice et aux magistrats d'en décider », a-t-il ajouté.

Un échange privilégié
L’objectif de cette nouvelle activité optionnelle du pôle environnement judiciaire était de donner l’opportunité à des auditeurs de justice de travailler ensemble à l’organisation d’une conférence en lien avec l’animatrice du pôle, Valérie Grenier, et de leur remettre ainsi « les clés de l’amphi ». « C’est une chance d’avoir eu une liberté totale pour choisir l’intervenant », sourit Sidi Mohamed Van-Wijck. Et Fatiha Touili de conclure : « J’ai beaucoup lu ses œuvres et je suis honorée d’avoir eu cet échange privilégié avec lui. »