E-formation et dématérialisation : le projet ENM 3.0 se développe
Publié le 19 mai 2016

Déployer l'enseignement à distance et la dématérialisation des ressources documentaires au service de la pédagogie : telle est la vocation du projet ENM 3.0. Lancé en 2014, il gagne aujourd'hui en ampleur grâce à la création du service e-formation dédié. D'ici à la fin de l'année, une vingtaine de nouvelles ressources sur des thèmes variés seront mises en ligne à destination de tous les publics de l'École.
« ENM 3.0 est un projet structurant pour tout l’établissement. Il a été initié par l’ancien directeur de l’ENM, Xavier Ronsin, qui a fait le choix de recruter une équipe dédiée et de mettre les moyens nécessaires pour sa réalisation », explique Jean-Bastien Risson, chef de cabinet.
Une formation à ce nouveau modèle pédagogique

« Avec l’e-formation (ENM 3.0), l’École ne souhaite pas remplacer une formation qui se faisait traditionnellement en présentiel mais bien l’enrichir en proposant des contenus sous de nouveaux formats qui seront disponibles à tout instant », indique Jean-Bastien Risson. Ces projets concernent tous les publics de l’École : auditeurs de justice, magistrats français en formation continue, magistrats étrangers, juges consulaires, juges de proximité, délégués du procureur de la République, conciliateurs de la justice et partenaires de la justice (enquêteurs, avocats…). « L’objectif est que tous les services et les pédagogues de l’ENM s’approprient l’enseignement à distance comme l’un des outils à la disposition de la pédagogie », poursuit-il.

Ainsi, l’ensemble des coordonnateurs de formation, des chargés de mission et des chargés de projet ont été formés à la pédagogie de l’enseignement en ligne qui s’appuie sur une nécessaire scénarisation et l’usage de médias variés : textes, images, vidéos et sons. « Ils bénéficient également d’un accompagnement permanent par l’équipe e-formation en charge du projet ENM 3.0 », précise Magalie Grellier-Faucampré, chef du service.

Des périodes d'études en présentiel plus axées sur la pratique
Si les premières réalisations sont déjà disponibles en ligne, une vingtaine de nouveaux parcours et modules de formation sont actuellement en cours d’élaboration. Il existe des parcours en ligne autonomes et d’autres dits hybrides reposant sur des temps de formation à distance et en présentiel. « L’enseignement à distance doit permettre de rendre les périodes en présentiel plus actives en consacrant, par exemple, plus de temps aux simulations d’audiences et aux cas pratiques. C’est aussi un moyen de maintenir le lien avec les publics en formation pendant leur stage en juridiction en leur proposant des modules complémentaires et des exercices », assure-t-elle. Cela est d’autant plus important que la période d’études à l’École est courte pour certains publics de la formation initiale : c’est le cas des recrutés latéraux et des stagiaires des concours complémentaires pour qui des parcours de formation sur l’audience correctionnelle et le procès civil ont été mis en ligne.

Des modules adaptés à chaque public

La sous-direction de la formation continue s’appuie désormais elle aussi sur l’e-formation. « Nous travaillons actuellement notamment à la création d’un parcours sur la prévention de la radicalisation islamiste violente et le traitement judiciaire du terrorisme en France », précise Magalie Grellier-Faucampré. Ces parcours seront accessibles à tous les magistrats sans qu’ils aient besoin de faire une demande de formation en amont.

Le département des formations professionnelles spécialisées (DFPS) bénéficiera également de deux nouvelles réalisations dès l’automne : l’une dédiée à la prévention des entreprises en difficulté pour les juges consulaires, l’autre à la prévention des addictions en matière de stupéfiants pour les délégués du procureur.

Enfin, le département international pourra notamment bientôt avoir recours à des kits experts pour faciliter le départ en mission des formateurs occasionnels et des experts sur le plan logistique et pédagogique. Un projet sur le thème des successions internationales est aussi en cours d’élaboration en partenariat avec plusieurs pays européens et l’Université de Technologie de Compiègne à destination des magistrats et notaires français et étrangers.

Certains modules peuvent être déclinés pour plusieurs publics en s’adaptant aux besoins de chacun d’entre eux, « par exemple ceux dédiés à la présentation des services d’enquêtes ou aux frais de justice et aux dépens », détaille Magalie Grellier-Faucampré.

L'équipe en charge du projet ENM 3.0 s'agrandit

Ces projets ambitieux s’appuient sur le service transversal d’e-formation (ENM 3.0). Récemment constitué, ce dernier est actuellement composé de quatre personnes réparties sur les deux sites de l’ENM, à Paris et Bordeaux : un chef de projet, un journaliste reporter d’images pour réaliser les contenus audiovisuels qui enrichissent les modules d’enseignement en ligne, un technicien Moodle qui gère la plateforme où ils sont déposés et une conceptrice e-formation chargée d’accompagner les magistrats enseignants dans la conception de parcours de formation en ligne.

« L’équipe devrait encore grandir très prochainement puisque nous voulons recruter un web-designer à Bordeaux et un développeur d’applications mobiles à Paris. » Un studio d’enregistrement sera par ailleurs créé sur chacun des deux sites d’ici à la fin de l’année.