Les élèves magistrats participent à des extractions judiciaires
Publié le 20 juin 2018

Olivier Leurent, directeur de l’École nationale de la magistrature, et Alain Pompigne, directeur interrégional des services pénitentiaires de Bordeaux, lors de la signature de la convention le 30 mai dernier.
L’administration pénitentiaire et l’École nationale de la magistrature ont signé, le 30 mai dernier, une convention de renouvellement du partenariat permettant aux auditeurs de justice de la promotion 2018 de participer à des extractions judiciaires dans le cadre des activités extérieures proposées durant leur scolarité.
Immersion professionnelle

Grâce à cette activité initiée durant la formation de la promotion 2017, des élèves magistrats escortent, aux côtés du personnel pénitentiaire, des détenus jusqu’aux tribunaux.
Une nouvelle convention ayant été signée pour la promotion 2018, 60 auditeurs de justice pourront s’inscrire à l’une des douze séquences prévues à partir du mois de septembre. Un chiffre en hausse puisque neuf sessions avaient été organisées l’année dernière.

« L’objectif de cette immersion professionnelle est de sensibiliser les magistrats aux contraintes et aux difficultés quotidiennes que rencontrent les brigades de l’administration pénitentiaire, notamment en matière de planification des extractions, de moyens humains et de matériels déployés », explique Sabine Corvaisier, sous-directrice des études.
La reprise effective des extractions judiciaires par l’administration pénitentiaire, et non plus par les services de police ou de gendarmerie, a débuté fin 2011. Les juridictions parisiennes, des Bouches-du-Rhône, de la Corse et du Vaucluse n’ont pas encore délégué ces missions à l’administration pénitentiaire. Ce changement est en effet progressif sur le territoire national jusqu’en 2019.
Les extractions judiciaires sont réalisées par des pôles de rattachement des extractions judiciaires (PREJ) et supervisées par l’autorité de régulation et de programmation des extractions judiciaires (ARPEJ), qui centralise les demandes au niveau régional. Cette nouvelle organisation n’implique pas les mêmes contraintes et moyens de travail pour l’administration pénitentiaire et les juridictions.

Une collaboration appréciée

La communication entre les ARPEJ et les juridictions permet le bon déroulement et la réalisation des demandes d’extractions judiciaires émises par les magistrats pour convoquer les détenus lors des audiences. « Ces échanges avec les auditeurs de justice sont importants pour qu’ils comprennent les difficultés que rencontre le personnel pénitentiaire lors des extractions judiciaires », souligne Alain Pompigne, directeur interrégional des services pénitentiaires de Bordeaux, cosignataire de la convention.
« Après une année de partenariat, le retour des participants à ces extractions est très positif. Ils apprécient les rencontres avec le personnel pénitentiaire et trouvent très intéressant de voir la réalité du terrain. Alors que les magistrats ne se posent pas forcément ces questions d’organisation lors d’une réquisition d’extraction judiciaire, les élèves magistrats auront pour leur part connaissance des problématiques qu’elle induit, ce qui leur permettra d’adapter leurs futures pratiques professionnelles », conclut Sabine Corvaisier.

Le partenariat avec l’administration pénitentiaire donne lieu à d’autres actions au cours de la période d’études généraliste des auditeurs de justice. En effet, un stage pénitentiaire d’une durée de deux semaines leur permet d’appréhender le quotidien du milieu carcéral. Par ailleurs, l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP) accueille des élèves magistrats lors des semaines d’échanges inter-écoles annuelles organisées par le Réseau des écoles de service public (RESP).