Etienne Rigal, juge aux multiples facettes
Publié le 20 novembre 2015

Vice-président en charge du tribunal d'instance de Villefranche-Sur-Saône, Etienne Rigal est intervenu devant la promotion 2015, le 28 octobre dernier, sur le thème de la précarité. Il a partagé son point de vue en encourageant les auditeurs de justice à « être à la recherche d’eux-mêmes » dans l’exercice de leur futur métier et à « reconnaître la part de soi dans le justiciable, pour bien juger ». Retour sur le parcours de ce magistrat engagé.
Un combat contre le surendettement

Etienne Rigal a appliqué pendant 17 ans le droit du surendettement et le droit du travail. « J’ai combattu pendant de nombreuses années les abus de certaines sociétés de crédit. En 2002, mes efforts se sont concrétisés », rappelle-t-il. « En effet, après avoir interrogé la Cour de justice de l’Union européenne, celle-ci a indiqué qu'un juge pouvait soulever d'office le caractère abusif d'une clause dans le contrat d'une société de crédit. Je continue à présent mon combat pour étendre la loi au-delà de la consommation », explique Etienne Rigal.

Son action est saluée par Christiane Taubira, garde des Sceaux, qui a rendu un hommage appuyé à ce magistrat, « figure du juge moderne », le 6 février dernier lors de la cérémonie de prestation de serment des auditeurs de la promotion 2015. Elle a notamment loué son courage et sa pugnacité, qualités qui lui ont permis « d’accomplir la haute mission confiée à la justice civile consistant à défendre des justiciables dans un rapport d’injustice ».

Parcours
Etienne Rigal voit sa carrière débuter en 1988 au tribunal de grande instance de Béthune, en tant que juge de l’application des peines (JAP). En 1992, il rejoint le tribunal de grande instance de Lille, où il exerce également les fonctions de JAP. En 1996, il devient juge chargé du tribunal d’instance de Vienne (Isère) et à ce titre préside les audiences liées au surendettement. Etienne Rigal exerce ensuite en 2003 les fonctions de vice-président chargé de l’instruction à Lyon. Il devient membre de la Commission d’avancement de 2004 à 2007, avant de rejoindre le tribunal d’instance de Lyon en tant que vice-président chargé du tribunal de police, poste qui correspond à celui de juge départiteur près le conseil des prud'hommes, qui le spécialise en droit du travail. Enfin, depuis 2014, il est vice-président chargé du tribunal d’instance de Villefranche-Sur-Saône et vice-président de la commission des clauses abusives.
Magistrat et personnage de roman
Etienne Rigal est également le personnage clé d’un roman. Héros du livre à succès d'Emmanuel Carrère, D'autres vies que la mienne en 2009, il rapporte son expérience de la maladie et campe un magistrat impliqué dans la lutte contre le surendettement.