Huit pays du Moyen-Orient à l’École nationale de la magistrature
Publié le 21 octobre 2015

C’est une première. L’ENM a accueilli du lundi 12 au mercredi 14 octobre, avec l’aide du ministère des Affaires étrangères et du Développement international, une délégation de huit pays du Moyen-Orient. Treize directeurs et membres d’instituts de formation judiciaire d’Arabie Saoudite, d’Egypte, d’Irak, de Jordanie, du Koweït, du Liban, d’Oman et du Qatar ont découvert les missions de l’École, les principes et les valeurs de la justice française.

Le directeur de l’École nationale de la magistrature, Xavier Ronsin, a félicité Anne-Marie Morice, magistrate, anciennement en poste à l’ENM et aujourd'hui détachée au ministère des Affaires étrangères en qualité d'attachée régionale de coopération basée à Amman, en Jordanie, de cette belle initiative régionale visant à réunir les principaux acteurs de la formation judiciaire au Moyen-Orient.

Des valeurs de justice universelles
Pour Xavier Ronsin, les valeurs de justice sont universelles et le dialogue avec les instituts de formation judiciaire permet, malgré les différences notables des législations, d’aborder les questions essentielles de respect des libertés publiques et de l’État de droit. « Nous avons été très heureux de participer à cette formation commune et l’ouverture à l’étranger est une absolue nécessité pour y parvenir », a déclaré la présidente de l’institut judiciaire du Liban, Nada Dakroub, à l’issue de sa visite. Pendant trois jours, l’ENM a accueilli à l’intérieur de ses murs bordelais et parisiens treize membres d’écoles judiciaires d’Arabie Saoudite, d’Egypte, d’Irak, de Jordanie, du Koweït, du Liban, d’Oman et du Qatar. De l’histoire au recrutement, à la formation ou encore aux examens ; les équipes de l’ENM ont présenté à leurs homologues tout ce qui constitue les fondements et la fierté de leur École.
Des attentes fortes
Le modèle administratif et pédagogique de l’École demeure une source d’inspiration pour de nombreux pays étrangers en visite à l’ENM. C’est aussi un moyen de comparer concrètement des systèmes judiciaires différents et d’aborder tous les sujets même les plus difficiles. « Grâce à cette coopération, on se parle, on échange et on se comprend forcément mieux », s’est félicité le directeur de l’institut d’études judiciaires du Liban Souheil Abboud. « Les relations humaines peuvent beaucoup aider à faire évoluer les institutions ». Outre la présentation des fondamentaux de l’École, les visiteurs ont assisté à des directions d’études en immersion avec les auditeurs de justice. Pour le directeur de l’institut juridique et judiciaire du Koweit, Adel Eleisa, « c’est une vraie richesse d’avoir assisté aux cours sur le juge d’instruction et sur les relations entre police judiciaire et procureur ». C’est la première fois que l’ENM ouvrait les portes de ses directions d’études à une délégation du Moyen-Orient.
Des liens renforcés
« La fonction de la justice est la base de chaque État mais je vois bien qu’elle est encore plus précise en France », a constaté le directeur de l’institut du Koweït. « J’espère donc voir les fruits de cette coopération avec l’ENM dans les prochains mois. » Chacune des délégations s’est ainsi entretenue avec des équipes du département international de l’École afin de convenir de projets communs. Le Koweït prévoit d’accueillir dès 2016 des experts et des événements de l’ENM sur l’organisation administrative d’un institut judiciaire. « C’est une fierté pour le Koweït et cela aura un impact sur l’ensemble du monde arabe ». Le directeur libanais s’est quant à lui dit totalement convaincu par ces échanges et s’attend au renouvellement du protocole avec l’ENM dans les prochains mois. La visite s’est achevée au ministère de la Justice par une rencontre avec la garde des Sceaux Christiane Taubira, le service des affaires européennes et internationales et la direction des services judiciaires.