Formation de formateurs étrangers à l’ENM : objectifs et témoignages
Publié le 23 juin 2017

Du 29 mai au 9 juin derniers, l’École nationale de la magistrature a organisé un séminaire de formation pour les enseignants ou responsables d’instituts de formation judiciaire étrangers (IFJ). L’objectif était double : permettre aux formateurs de ces IFJ de concevoir des contenus pédagogiques et d’animer des séquences de formation mais aussi promouvoir le concept de formation judiciaire à travers le monde.

Neuf participants de huit nationalités différentes se sont inscrits à ce séminaire de formation des formateurs proposé par le département international de l’ENM. Ce dernier était composé de deux temps de formation : la première semaine était dédiée à l’ingénierie pédagogique, de la conception à l’évaluation d’une séquence de formation en passant par son animation, tandis que la seconde était une mise en application des enseignements, notamment grâce à des mises en situation.

« Je suis magistrate en détachement à l’École nationale de la magistrature et des greffes de Madagascar. Je viens d’être recrutée en tant que formatrice des magistrats et j’animerai également des enseignements. C’est la raison pour laquelle je suis venue me former, à l’ENM, à la préparation des séquences de formation », explique Stéphania Rachello Ravaomananirina, assistante du Directeur de la formation des magistrats à l’ENMG de Madagascar et d’ajouter : « Au cours de ces deux semaines, nous avons appris à identifier les besoins en termes de formation initiale et continue des magistrats, les publics, les outils, les méthodes et les objectifs pédagogiques. Par ailleurs, j’ai découvert les classes préparatoires de l’ENM qui semblent être un réel moyen de garantir le principe d’égalité des chances : c’est un dispositif que nous pourrions envisager à Madagascar. »

« En Haïti, il y a un certain nombre de mauvaises pratiques affectant le rendement du système judiciaire. C’est pourquoi nous souhaitons apprendre à mieux former nos magistrats afin qu’ils rendent une justice impartiale. L’universalisation d’une formation standardisée pour l’ensemble des magistrats est pour nous un enjeu majeur. », explique Frantz Gilot, officier des Affaires judiciaires au sein de l’ONU en Haïti.
« Nous avons notamment abordé les différentes méthodes qui peuvent être utilisées à destination des élèves magistrats. C’est par la pratique, en mettant les élèves en situation à travers des jeux de rôle ou des simulations, que l’on forme de manière efficace », conclut-il.