L’ENM délivre des diplômes universitaires aux magistrats étrangers
Publié le 24 février 2016

Vendredi 19 février, à Paris, l’ENM a remis pour la première fois avec l’université Paris-Descartes des diplômes universitaires à vingt-et-un juges et procureurs japonais, chinois, sud-coréens, congolais, marocains et égyptiens.
Depuis une dizaine d’année, l’ENM forme pendant plusieurs semaines en France, en cours théorique puis en stage juridictionnel, des juges et procureurs étrangers à la justice française. « Pour la première fois cette année, l’École s’est associée à l’université Paris-Descartes pour leur délivrer un diplôme universitaire reconnu », explique Benoît Chamouard, sous-directeur et chef du département international de l’ENM.
Une première attendue
Pendant six semaines à l’ENM, vingt-et-un juges et procureurs japonais, chinois, sud-coréens, congolais, marocains et égyptiens ont suivi la formation sur le droit et la pratique de la justice française. « Une formation complète sur le système judiciaire français dispensée à la fois par des magistrats de l’ENM et des universitaires de Paris-Descartes », souligne Benoît Chamouard. « Cette nouveauté couronne plusieurs années de travail. Nous souhaitions vraiment pouvoir délivrer à ces magistrats étrangers un diplôme officiel. » Diplôme qu’ils ont préparé pendant des heures de révision sanctionnées par un examen final. À la remise des copies, c’est le soulagement, tous l’ont décroché. « Ils ont énormément travaillé. Notamment dans une langue que certains pratiquent depuis seulement quelques mois ! Leur réussite est amplement méritée. »
Un tremplin de carrière
Ces magistrats étrangers qui arrivent chaque année en formation à l’ENM sont sélectionnés sur dossier par les ambassades. « Leur passage à l’ENM est souvent un tremplin dans leur carrière », poursuit le sous-directeur. « C’est un véritable outil de rayonnement. » Nombre d’entre eux sont attendus dans leur pays pour restituer les apprentissages à leurs collègues. « C’est un privilège d’être ici et j’en suis très fier », lance Mostafa El Bastawissy, substitut du procureur général en Egypte et major de cette promotion. « Mon objectif est d’inspirer de nouvelles pratiques dans les juridictions égyptiennes. » Pour Rui Yu, procureur dans le sud-ouest de la Chine, « c’est une expérience très enrichissante ». C’est la première fois qu’il sort de son pays et c’est pour lui « extrêmement précieux d’étudier un autre système judiciaire, pour avoir un autre point de vue et un œil plus critique. » Il attend désormais avec impatience son stage au tribunal de grande instance d’Évry « pour partager avec son tuteur de stage et découvrir le déroulement concret d’un dossier en matière pénale », son domaine de prédilection reconnaît-il.