Du Trésor public à la magistrature : histoire d’une reconversion
Publié le 27 avril 2016

Clément Guetaz était inspecteur principal du Trésor quand il a passé le concours complémentaire de l’ENM pour se reconvertir dans la magistrature. Après sept mois de formation, il est devenu substitut du procureur près le tribunal de grande instance de Vésoul en septembre 2015. Témoignage.
Après sa maîtrise de droit, Clément Guetaz passe simultanément le 1er concours d’accès à l’ENM et celui d’inspecteur du Trésor public. Il réussit le second et devient fonctionnaire de la Direction générale des finances publiques en 2002, « tout en restant attiré par la fonction de magistrat ».
Ce n’est que douze ans plus tard qu’il décide de changer de voie. A l’époque, il est devenu inspecteur principal du Trésor. « J’appréciais mon métier, mais je me suis dit qu’il serait trop tard pour me reconvertir si je ne le faisais pas rapidement. Je n’avais jamais cessé de m’intéresser au fonctionnement de la justice et je connaissais l’existence du concours complémentaire : le fait de voir que le recrutement de magistrats du second grade se pérennisait m’a encouragé dans ma démarche », raconte-t-il. « Le 2nd concours d’accès réservé aux fonctionnaires ou agents de l’État m’était également ouvert en terme statutaire, mais j’ai préféré tenter le concours complémentaire pour suivre une formation plus courte que celle des auditeurs de justice (31 mois). »
Un investissement important

Quelques mois après sa prise de fonction comme substitut du procureur près le TGI de Vesoul, le magistrat du parquet apprécie son nouveau quotidien professionnel. « La période de formation probatoire est tellement intense qu’il m’est arrivé de me demander si j’avais bien pris la mesure de l’investissement que cela demandait. Mais je n’ai aucun regret : aujourd’hui, j’aime être régulièrement confronté à des situations humainement complexes où tout n’est pas noir ou blanc et qui nécessitent une prise de décision rapide », sourit-il.
Par ailleurs, le stage qu’il avait effectué au TGI de Poitiers lui avait déjà permis de « vraiment se plonger dans [ses] futures fonctions, surtout en arrivant en juridiction sans avoir travaillé dans un environnement judiciaire auparavant ». Et d’ajouter : « L’avantage du parquet, c’est que nous pouvons facilement échanger avec nos collègues dans les moments d’hésitation. »

Cette année, 88 postes de magistrats sont offerts aux professionnels pouvant justifier d’au moins dix ans d’activité dans le domaine juridique, administratif, économique ou social, les qualifiant particulièrement à l’exercice des fonctions judiciaires.

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