Le pôle Communication judiciaire reconfigure ses enseignements
Publié le 28 décembre 2015

Afin d’être plus proche des besoins des futurs magistrats, le pôle de formation Communication judiciaire de l’ENM a reconfiguré ses enseignements en formation initiale, notamment en ce qui concerne la communication avec les justiciables. Le socle pédagogique, à savoir le partenariat entre magistrats formateurs et psychologues lors des simulations d’audiences, est maintenu.
Une équipe renouvelée
Cette nouvelle maquette pédagogique, fonctionnelle depuis la rentrée au mois d’août dernier, a été conçue par les deux co-animatrices magistrates du pôle Communication judiciaire, Sophie Vignaud et Valérie Noël, en lien avec la sous-directrice des Etudes, Sabine Corvaisier. Une psychologue de la gendarmerie nationale, Sonia Cazenave, a par ailleurs rejoint l’équipe comme enseignante associée.
Savoir gérer ses émotions
De nouveaux ateliers de mise en situation sont en cours de développement. Le 21 décembre dernier, le pôle a inauguré une séquence dédiée à la gestion des émotions du magistrat. « Nous sommes parties du constat qu’un magistrat pouvait passer à côté d’une audience lorsqu’il se laissait déborder par une émotion. Cet atelier vise à apprendre aux auditeurs de justice à repérer les éléments déclencheurs d’une émotion et à savoir la gérer », explique Sophie Vignaud. Joie, colère, peur, tristesse, dégoût, surprise : les six grandes émotions sont passées au peigne fin.
Des simulations « au plus près de la réalité du métier »
Le partenariat entre magistrats formateurs et psychologues lors des exercices de simulations d’audiences reste l’un des principes forts du pôle. « Les simulations ont été renforcées et sont dorénavant systématiques pour l’ensemble des publics formés, que ce soit les auditeurs de justice, les stagiaires des concours complémentaires et les candidats à l’intégration directe », relève Sophie Vignaud.
Afin que ces exercices soient le plus profitables, des éléments de scénarisation ont été introduits. « Les futurs magistrats qui jouent le rôle d’un justiciable doivent ainsi se comporter d’une certaine manière, en incarnant un profil type tel celui d’une victime présentant un syndrome post-traumatique ou d’un individu sous l’emprise d’une addiction », indique Valérie Noël. « Cela permet de créer la surprise auprès de l’auditeur jouant le rôle du magistrat et de favoriser la spontanéité de sa prestation. Faire varier la personnalité du justiciable permet de mieux coller à la réalité ».
Le décryptage de la simulation par les magistrats formateurs et les psychologues permet ainsi de mieux expliquer quelle est la bonne attitude à avoir. La grille d’évaluation a été simplifiée autour de quatre items : s’adapter ; adopter un juste positionnement ; gérer la communication ; gérer l’accueil et la clôture. « Le débriefing de la simulation porte moins sur la personnalité de l’auditeur qui joue le magistrat, que sur les bons réflexes à acquérir », résume Sophie Vignaud.