Pourquoi devenir magistrat ? (2/2)
Publié le 08 janvier 2016

Sandrine Timsit, 35 ans, ex-greffière, et Farida Boukrouna, 36 ans, ex-juriste d’affaires, ont choisi de changer de métier pour rejoindre la magistrature. Elles ont intégré la promotion 2015 des auditeurs de justice en février dernier. Respectivement issues des 2e et 3e concours d’accès, l’un réservé aux fonctionnaires, l’autre aux salariés du secteur privé, elles reviennent sur les motivations qui les ont amenées à devenir magistrat.
Après leurs études de droit, Sandrine Timsit et Farida Boukrouna ont suivi des trajectoires professionnelles différentes.
Parcours professionnels

Avant d’intégrer l’ENM par la voie du 2e concours, Sandrine Timsit a occupé plusieurs postes de greffière pendant une dizaine d’années : greffière de l’instruction au pôle financier du TGI de Paris, puis de l’exécution des peines à Lyon et enfin en charge de l’audiencement et des affaires familiales à Rennes.

Farida Boukrouna, issue du 3e concours, a quant à elle travaillé pendant 9 ans comme juriste d’affaires au sein du groupe industriel Saint-Gobain. « Mon rôle consistait à défendre les intérêts de l’entreprise et de ses filiales dans le respect des cadres légaux. Je suis intervenue dans un environnement international sur des projets d’investissement et de désinvestissement, de restructuration, ainsi que sur les affaires contractuelles courantes (contrat d'achats, de prestation de services etc.), en droit des sociétés, en droit social et sur tout sujet intéressant la vie de l’entreprise », explique-t-elle.

« Un travail proche de la société »
Pour Sandrine Timsit, devenir magistrat correspondait à une aspiration ancienne, née à l’université et confortée par son expérience au greffe : « j’ai été déclarée admissible au 1er concours d’accès à l’ENM en 2005. En parallèle, j’ai réussi le concours de greffier qui m’a permis de travailler aux côtés de magistrats, ce que j’ai beaucoup apprécié. La variété fonctionnelle, ainsi que les aspects organisationnels et décisionnels m’intéressaient tout particulièrement. Ce qui me frustrait le plus dans les fonctions de greffier était de ne pas pouvoir prendre mes propres décisions », témoigne l’auditrice de justice.
L’envie de prendre ses propres décisions

Farida Boukrouna a quant à elle choisi de rejoindre la magistrature à la lumière de son expérience en entreprise : « au fil du temps, j'ai été amenée à reconsidérer mon positionnement et mon rôle dans la société en tant qu'actrice du droit. C'est dans ce contexte que j'ai choisi le métier de magistrat. Je souhaitais exercer un métier en accord avec mes valeurs humanistes, avoir un travail proche de la société et utile pour les justiciables. » Par ailleurs, « la rigueur, l'écoute, l’investissement, le courage et la passion que certains magistrats ont de leur métier » ont renforcé son envie d'intégrer cette profession.

La variété des fonctions offertes par la magistrature est un autre point de motivation pour l’ancienne juriste d’affaires : « le métier de magistrat permet de changer de lieux de vie, de fonctions, de domaines juridiques et offre même des possibilités d'évolution à l'international - ce qui m'attire énormément car j'ai toujours apprécié les échanges interculturels », relève-t-elle.