Jumelage avec l’école tunisienne : visite d’une délégation à l’ENM
Publié le 07 avril 2016

L’ENM a accueilli l’Institut supérieur de la magistrature (ISM) tunisien, les 21, 22 et 25 mars derniers, dans le cadre du jumelage le liant aux écoles de la justice françaises pour deux ans. Son directeur général, Mohamed Tahar Hamdi, revient sur les attentes de cette visite d’études.

Créé en 1985, l’institut tunisien assure la formation initiale des auditeurs de justice et la formation continue des magistrats, deux sujets que la délégation de six personnes menée par Mohamed Tahar Hamdi a souhaité évoquer avec l’ENM lors de ses visites des sites bordelais et parisien de l’École.

Alors qu’il accueille cette année sa 27e promotion, l’ISM fait actuellement l’objet d’un projet de réforme visant à stabiliser l’institution fragilisée depuis la révolution du printemps arabe. « L’ENM est un modèle en termes de formation de magistrats et nous avons tout intérêt à bénéficier de son expertise pour repenser le nôtre », explique Mohamed Tahar Hamdi.

Des évolutions en réflexion
Selon le directeur de l’ISM, cette visite devait permettre, dans un premier temps, d’échanger avec la direction de l’École et les chefs de service pour mieux comprendre le fonctionnement de l’ENM et nourrir certaines pistes de réflexion. « Pour le moment, rien n’est encore fixé, mais nous essayons de faire évoluer l’institut pour être plus en adéquation avec notre situation. »

La délégation s’est notamment beaucoup intéressée au processus et au niveau de recrutement de l’ENM : « Comme il n’existe pas vraiment de passerelle entre le monde universitaire et l’ISM, de nombreux candidats au concours n’ont jamais étudié les bases indispensables à la suite de la formation. Nous pourrions par exemple envisager de développer nos échanges avec les universités tunisiennes ou de créer des classes préparatoires pour y remédier. »

Par ailleurs, la hausse des recrutements que connaît l’institut tunisien depuis 2011 pourrait également entraîner quelques évolutions : « La 27e promotion compte 100 auditeurs de justice et nous pensons qu’ils seront environ 200 dans la prochaine. Il faudrait ainsi revoir notre système de formation pour accueillir ces promotions plus importantes et, éventuellement, l’organisation du concours dont s’occupe actuellement le ministère : une gestion en interne pourrait éviter les problèmes de calendrier auxquels l’institut est régulièrement confronté et qui entraînent une réduction de la durée de la formation (initialement de deux ans). »

Mohamed Tahar Hamdi a également interrogé l’École sur l’évaluation du stage des élèves magistrats en juridiction. « C’est une question qui me semble primordiale et pour laquelle l’ENM semble avoir trouvé un système fiable », conclut-il.

La délégation a également profité de sa visite de cinq jours pour se rendre au tribunal de Chalon-sur-Saône, à l’École nationale des greffes (ENG) de Dijon et à la direction des services judiciaires (DSJ) à Paris.