Concours complémentaire : une formation intense pour se reconvertir
Publié le 14 avril 2016
La promotion 2017 des stagiaires du concours complémentaire effectuera sa rentrée à l’ENM le 9 janvier prochain. Au programme : une formation probatoire de cinq mois, suivie d’une spécialisation de deux mois à la première fonction que vont occuper les stagiaires déclarés aptes à exercer les fonctions de magistrat.

« Le concours complémentaire du second grade est ouvert aux candidats de 35 ans et plus qui justifient d'au moins dix ans d'activité professionnelle les qualifiant particulièrement pour exercer des fonctions judiciaires. Mais réussir le concours ne signifie pas forcément devenir magistrat : la formation est probatoire », rappelle Cécile Gensac, sous-directrice du recrutement et de la validation des compétences.
Un mois très riche à l’École
Alors que la formation des auditeurs de justice dure 31 mois, celle des stagiaires du concours complémentaire se concentre sur sept mois, dont un à l’ENM avant leur départ en stage. « Pour optimiser le temps qu’ils passent à l’École, nous avons développé deux premiers modules d’e-learning auxquels ils ont accès peu avant la rentrée », explique Sabine Corvaisier, sous-directrice des études. Ces parcours de formation à distance, qui concernent l’audience correctionnelle et le procès civil, ont pour vocation de leur permettre d’assimiler les connaissances de base, pour se concentrer en face à face pédagogique sur la pratique et le savoir-faire professionnel.
« Le mois à l’École a été très intense mais aussi très intéressant. Les enseignements sont de qualité et les coordonnateurs de formation se montrent disponibles. J’ai particulièrement apprécié la journée sur l’éthique et la déontologie », confie Laëtitia Caffier, stagiaire de la promotion 2016. « Nous avons assisté à des interventions de grande qualité, notamment celle d’Antoine Garapon, secrétaire général de l’Institut des Hautes Études sur la Justice (IHEJ), sur les lieux de justice », ajoute Nathalie Moënet, également stagiaire de la promotion 2016. Toutes deux ont aussi trouvé les simulations d’audiences très formatrices. « C’est un exercice important pour moins appréhender le stage et j’aurais même aimé en faire davantage : comme notre formation est courte, nous ne passons que sur une fonction chacun. »
Quatre mois de stage en juridiction

Les stagiaires poursuivent ensuite leur formation en juridiction en passant sept semaines au parquet, sept autres au siège civil et trois semaines au siège pénal. Objectif : mettre en pratique les techniques professionnelles en se confrontant aux fonctions qu’ils pourront exercer à la sortie de l’École. Contrairement aux auditeurs de justice issus des 1er, 2e et 3e concours d’accès à l’ENM, ils ne peuvent pas accéder aux fonctions spécialisées dès leur premier poste.
« L’École demande aux maîtres de stage de tenir compte de la courte période de formation à Bordeaux et de faire en sorte qu’il y ait bien une progressivité dans la complexité des travaux qui sont confiés aux stagiaires. Pour autant, ils doivent apprendre vite car les quatre mois de stage ne leur permettent pas de rester observateurs trop longtemps », précise Emilie Lagrave, chargée de mission au sein de la sous-direction des stages. « J’ai été très bien accueillie à Lorient par des maîtres de stage qui ont envie de transmettre et qui sont à l’écoute », raconte Nathalie Moënet. Le calendrier des formations de l’ENM favorise cette disponibilité en début de stage puisque la promotion d’auditeurs de justice n’arrive en juridiction que deux mois après les stagiaires des concours complémentaires.
« J’ai beaucoup aimé mon stage au parquet du TGI de Saint-Quentin. Les tâches des substituts du procureur sont variées : comparutions immédiates, audiences, règlements… Ils peuvent aussi être de permanence téléphonique la semaine tout en ayant des audiences à préparer en parallèle : c’est important d’apprendre à bien organiser son temps de travail », souligne Laëtitia Caffier.

A l’issue des cinq mois de formation, les stagiaires seront entendus par un jury qui se prononcera sur leur aptitude.

Vie familiale : des bouleversements à anticiper

Majoritairement parents, les stagiaires du concours complémentaire doivent également concilier cette formation dense et leur vie familiale. « Ce n'est pas facile d'évaluer les conséquences de l’engagement que nous prenons avant de débuter la formation. Je suis maman de trois enfants de 4, 8 et 11 ans et j’ai beaucoup évoqué ma future absence avec ma famille avant de m’inscrire au concours. Je ne regrette absolument pas, mais il faut avoir conscience des bouleversements que cela génère. J’effectue par exemple mon stage à 150 kilomètres de chez moi et ne rentre que le week-end », conclut Nathalie Moënet.

Les inscriptions au concours complémentaire sont ouvertes jusqu’au 4 mai. Les épreuves d’admissibilité se dérouleront cette année les 7, 8 et 9 septembre.