Stage en juridiction : 10 mois d’exercice professionnel
Publié le 03 janvier 2017
  • Ambre Janssens a effectué son stage juridictionnel au TGI d’Angoulême.
  • Permanence du parquet : direction d’enquête par téléphone.
  • Échange avec le maître de stage parquet.
  • Départ pour une audience correctionnelle à juge unique.
  • En audience aux côtés de son maître de stage et d’une greffière.
  • Audience d’assistance éducative au tribunal pour enfants.
  • Rédaction d’un jugement d’assistance éducative.
Le 29 mars dernier, la promotion 2015 débutait son stage juridictionnel. Depuis, Ambre Janssens, auditrice de justice, a successivement pratiqué toutes les fonctions qu’elle pourra exercer en sortant de l’ENM, au parquet comme au siège. Une immersion au sein du tribunal de grande instance d’Angoulême à travers laquelle « [elle] a énormément appris tous les jours ». Interview.
Dans quel état d’esprit étiez-vous quand vous avez débuté votre stage de dix mois en juridiction ?
« J’étais vraiment impatiente de mettre en pratique, dans des conditions réelles, les techniques professionnelles acquises pendant la période d’études. Les coordonnateurs de formation et magistrats enseignants associés nous ont notamment donné des outils très utiles sur la prise de décision à laquelle les magistrats sont confrontés quotidiennement. Les simulations d’audiences ont par ailleurs été l’occasion de nous mettre pour la première fois dans la peau d’un juge ou d’un substitut du procureur dans un cadre très bienveillant. »

STAGE JURIDICTIONNEL
Greffe : 1 semaine
Instance : 5 semaines
Grande instance : 8 semaines dont 3 semaines en tant que juge aux affaires familiales
Parquet : 6 semaines
Instruction : 4 semaines
Siège pénal majeur dont découverte du juge des libertés et de la détention : 3 semaines
Application des peines : 4 semaines
Juge des enfants : 4 semaines
Stage enquête : 2 semaines

Votre stage se termine le 20 janvier prochain. Comment ont évolué vos pratiques professionnelles depuis mars 2016 ?
« Je pense avoir vraiment progressé, tout au long du stage, en termes de prise de parole et de gestion du stress avant et pendant une audience. J’ai aussi gagné en rapidité de travail puisque je dois être en capacité d’étudier, dans le temps qui m’est imparti, tous les dossiers d’une audience.
Enfin, j’ai développé ma capacité d’adaptation en changeant régulièrement de fonction, en travaillant avec plusieurs maîtres de stage qui n’ont pas exactement les mêmes pratiques professionnelles et, surtout, en étant confrontée à des situations variées et à des justiciables aux personnalités très différentes. Impossible en effet de conduire de la même façon une audience face à une personne mutique et face à un individu qui prend, au contraire, beaucoup de place.
»
Avez-vous approfondi vos connaissances en termes de contentieux ?
« Avant tout, j’ai véritablement pris la mesure de ce qu’est un contentieux de masse en me confrontant au nombre important de dossiers que doit gérer, par exemple, un juge aux affaires familiales ou un juge d’instance (crédit à la consommation…).
J’ai par ailleurs approfondi ma connaissance de contentieux très spécialisés traités par le tribunal d’instance, en particulier le surendettement. Étudiés lors de la spécialisation des futurs juges d’instance, ces contentieux sont en effet peu abordés durant la période initiale.
»
Ce stage vous a-t-il permis de mieux connaître les partenaires des magistrats ?
« Oui, et il n’a fait que confirmer ce que j’avais appris à l’ENM : les échanges avec les partenaires sont indispensables à l’exercice du métier de magistrat.
En arrivant au TGI d’Angoulême, j’avais bien à l’esprit qu’un juge des enfants travaillait en lien étroit avec les services éducatifs et la Protection judiciaire de la jeunesse, mais je ne mesurais pas à quel point le contact avec les enquêteurs était régulier au parquet et à l’instruction. J’ai notamment assisté à leurs côtés à des réunions dont l’objectif était de préparer des interpellations coordonnées.
»
Un mot de conclusion sur les enseignements de ces dix mois ?

« Pendant ce stage, nous avons la chance de passer par tous les services d’une même juridiction, donc d’avoir une vision très globale de son fonctionnement et des contraintes des magistrats de chaque service. Je trouve notamment très instructif, pour notre future vie professionnelle, de voir les interactions entre le siège et le parquet selon les deux points de vue.
Enfin, le fait de travailler avec de nombreux magistrats tout au long du stage nous permet de nous inspirer de différentes pratiques professionnelles pour construire les nôtres, en adéquation avec notre personnalité.
»

Pour en savoir plus sur l’évaluation des auditeurs de justice : ENM info n°45.
À lire aussi : l’article sur les temps forts du stage en juridiction d’Ambre Janssens.
À voir : l’album Facebook du stage de l’élève magistrate.