Six mois de stage probatoire pour se reconvertir dans la magistrature
Publié le 15 mars 2017
  • Présentation du déroulement et de l'évaluation du stage aux candidats à l’intégration directe.
  • Simulations d’audiences pendant la période d'études à l'ENM.
La première promotion 2017 de candidats à l’intégration directe (justifiant de 7 années au moins d’exercice professionnel) a débuté, le 6 mars dernier, son stage probatoire de plein exercice. Cette immersion de 24 semaines en juridiction donnera lieu à plusieurs évaluations et avis sur l’aptitude des 21 professionnels en reconversion à exercer ce nouveau métier. À l’issue de la formation, la commission d’avancement - à l’origine de ces recrutements hors concours - statuera sur leur intégration définitive au sein de la magistrature.
Recrutés au titre des articles 22 et 23, 21 professionnels en reconversion (plusieurs avocats, un juge de proximité, un directeur principal des services de greffe judiciaires, un capitaine de police, un inspecteur des douanes, un inspecteur principal des finances, etc.) ont effectué leur rentrée à l’ENM le 6 février dernier. Ils avaient bénéficié en amont de modules de formation en ligne notamment dédiés aux publics suivant des formations courtes à l’École. Au programme de leur période d’études : des interventions sur des thèmes phares comme l’éthique et la déontologie, des séquences pédagogiques dédiées à chaque fonction ou encore des simulations d’audiences correctionnelles.
Un stage de plein exercice

Depuis le 6 mars, cette première promotion 2017 complète sa formation en juridiction en passant trois semaines à l’instance, cinq au siège civil (notamment dans un cabinet de juge aux affaires familiales), une au siège pénal, trois à l’instruction, trois à l’application des peines, trois au tribunal pour enfants et six au parquet. Objectif : être apte à exercer toutes ces fonctions à l’issue du stage probatoire.

« Durant leur formation, les candidats à l’intégration directe sont assimilés à des auditeurs de justice et effectuent, comme eux, un stage de plein exercice aux côtés de maîtres de stage », précise Sarah Dupont, sous-directrice des stages à l’ENM. Et d’ajouter : « Ces professionnels doivent se remettre dans une position d’apprenant, d’autant qu’ils changent régulièrement de fonction et que leurs maîtres de stage ont parfois des pratiques professionnelles différentes. »

Évaluation des capacités fondamentales du magistrat

« Tout au long du stage, ce sont les capacités fondamentales du magistrat en termes de savoir, de savoir-faire et de savoir-être qui sont évaluées », rappelle Emilie Lagrave, sous-directrice des recrutements et de la validation des compétences, notamment les capacités à s’adapter, à identifier, respecter et garantir un cadre procédural, à adopter une position d'autorité ou d'humilité adaptée aux circonstances, à savoir gérer la relation, l'écoute et l'échange, à prendre une décision, fondée en droit et en fait, inscrite dans son contexte, empreinte de bon sens et exécutable, à travailler en équipe ou encore à susciter un accord et concilier.

Les stagiaires sont d’abord évalués, pour chaque fonction, par leurs maîtres de stage. Le directeur de centre de stage et le coordonnateur régional de formation rédigent ensuite des rapports au vu desquels le directeur de l’ENM émet un avis sur leur aptitude à exercer le métier de magistrat. En parallèle, le jury de l’examen d’aptitude et de classement émet également un avis après l’audition de chacun des candidats. Enfin, la commission d’avancement examine de nouveau leur dossier pour statuer sur leur intégration définitive au sein de la magistrature.

Les futurs magistrats effectuent alors un second stage de 6 mois dédié à l’exercice de la fonction choisie et dans le ressort de leur cour d’appel d’affectation.

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