Les futurs juges de l’application des peines reçus à l’ENAP
Publié le 11 mai 2017
Les échanges entre les futurs magistrats et leurs partenaires sont l’un des axes forts de la période de spécialisation à l’ENM. Ainsi, les auditeurs de justice de la promotion 2015 qui deviendront juges de l’application des peines (JAP) en septembre 2017 ont rencontré, du 10 au 12 avril derniers à Agen, des formateurs et élèves de l’École nationale d’administration pénitentiaire (ENAP).
Au programme de ces trois jours : un aperçu historique des prisons – notamment via la visite de l’espace pédagogique Pierre Cannat de l’ENAP -, des simulations d’entretiens avec des personnes détenues, un travail technique sur les fiches pénales encadré par des spécialistes du greffe pénitentiaire, une intervention sur le passage à l’acte infractionnel ou encore une rencontre avec les futurs directeurs de services pénitentiaires.
Mieux comprendre les contraintes de chacun

« Ce que nous retenons de cette visite, c’est l’approche partenariale et la nécessité pour le juge de l’application des peines de collaborer et de communiquer avec l’administration pénitentiaire. Il faut que nous soyons conscients des contraintes des uns et des autres, par exemple pour les JAP du volume de travail des conseillers pénitentiaires d’insertion et de probation à qui nous demandons parfois des rapports en urgence… Les échanges ont également été l’occasion d’aborder la nécessité de bien expliquer nos décisions au détenu, à l’administration pénitentiaire et au service pénitentiaire d’insertion et de probation », explique Charlotte Joubert, auditrice de justice de la promotion 2015.

La future juge de l’application des peines s’est par ailleurs entretenue avec un détenu (joué par un personnel de l’ENAP) dans sa cellule lors des simulations organisées par les formateurs de l’école. « Le surveillant pénitentiaire m’a dit, au moment où j’entrais dans la cellule, qu’il avait un mouvement de promenade dix minutes plus tard : j’ai donc dû écourter l’entretien alors que le magistrat est habituellement maître de son audience. Ces mises en situation nous montrent qu’il faut s’adapter aux règles de la détention, notamment pour des raisons de sécurité », raconte-t-elle. « L’exercice a en effet permis aux auditeurs de justice de mieux appréhender le positionnement du surveillant », ajoute Marine Lacroix, coordonnatrice de formation à l’ENM.

Un partenariat fort

Pendant la période d’études initiale, tous les élèves magistrats de l’ENM effectuent un stage pénitentiaire de deux semaines. Objectifs : leur permettre d’appréhender le quotidien du milieu carcéral, de développer leur connaissance de l’organisation d’une maison d’arrêt ou d’un établissement pour peines ainsi que celle du rôle des différents acteurs, mais aussi nourrir leur réflexion sur le sens de la peine. « En amont de ce stage, les auditeurs de justice partagent des enseignements avec des formateurs et des élèves de l’ENAP. Cette venue des futurs juges de l’application des peines permet donc un nouvel échange avec l’école », précise François Février, chef du département Droit et service public.

Et de conclure : « La proximité de nos deux écoles s’appuie sur une vision commune de l’usager, une vision commune du justiciable – pas seulement de la personne détenue. Notre collaboration est formatrice pour nos publics : pendant ces trois jours, travailler avec nous permet aux auditeurs de justice d’entendre des discours complémentaires des enseignements dispensés à l’ENM. »

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