Hommage à Simone Veil à l’ENM en présence de la garde des Sceaux
Publié le 06 décembre 2017

Afin d’honorer la mémoire de Simone Veil, le grand amphithéâtre de l’ENM porte désormais son nom. Une cérémonie d’hommage aura lieu ce jeudi 7 décembre pour dévoiler les plaques commémoratives devant la promotion 2017 des auditeurs de justice et les personnels de l’École, en présence de Nicole Belloubet, garde des Sceaux, ministre de la Justice, ainsi que des enfants de Simone Veil, Jean et Pierre-François Veil.

« L’École nationale de la magistrature a souhaité rendre hommage à Simone Veil pour associer définitivement sa vie à l’œuvre de Justice ainsi qu’à la transmission du savoir, valeurs auxquelles elle était particulièrement attachée », explique Olivier Leurent, directeur de l’ENM, qui introduira la cérémonie à 17h30.

Son intervention sera suivie d’un discours de la garde des Sceaux, de la restitution de travaux des élèves magistrats sur la vie de Simone Veil, du dévoilement des plaques commémoratives et d’une prise de parole de Jean et Pierre-François Veil.

Les différents groupes de travail de la promotion 2017 aborderont ainsi, en partenariat avec l’Institut national de l’audiovisuel, quatre thèmes qui permettront de retracer la vie de Simone Veil :

- la période des camps de concentration,
- sa carrière de magistrate, également traitée par l’intermédiaire d’une exposition prêtée par le ministère de la Justice et visible dans le hall de l’École,
- son combat pour les droits des femmes,
- son engagement européen.

En hommage à Simone Veil, la promotion 2003 de l’ENM avait déjà choisi de porter son nom.

De la Chancellerie à l’Académie française

Née le 13 juillet 1927 à Nice, Simone Veil a été déportée au camp d’Auschwitz à 16 ans.

Après avoir réussi le concours de la magistrature en 1956, elle est devenue attachée titulaire à la Direction de l’administration pénitentiaire de 1957 à 1964, où elle a œuvré pour l’amélioration du sort des détenus. Elle a ensuite rejoint la Direction des affaires civiles et a notamment rédigé le projet de loi sur l’adoption. En 1969, elle a pris ses fonctions en qualité de conseillère technique dans le cabinet du ministre de la Justice, René Pleven, avant de devenir, en 1970, secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature.

En 1974, Simone Veil a été nommée ministre de la Santé : elle a alors préparé le projet de loi dépénalisant le recours à l’interruption volontaire de grossesse.

Également considérée comme une figure de la construction européenne, elle a été le premier président élu au suffrage universel du Parlement européen de 1979 à 1982.

En 1993, elle est devenue ministre d’État au ministère des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville.

Enfin, elle a achevé sa carrière au Conseil constitutionnel, où elle a siégé de 1998 à 2007.

Elle est par ailleurs entrée à l’Académie française en 2008 et a reçu en 2012 les insignes de grand-croix de la Légion d’Honneur.

Simone Veil est décédée le 30 juin 2017.

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