Stage avocat : trois mois de l’autre côté de la barre
Publié le 01 juin 2017
  • Audience en chambre de l’instruction.
  • Le rôle permet de connaître l’ordre de passage des affaires en audience.
  • L’auditrice de justice et l’un des avocats du cabinet se rendant à une audience de référés.
  • Recherche d’arrêts dans les cahiers de jurisprudence.
  • Rédaction de conclusions de défense.
  • Correction des conclusions par l’un des avocats du cabinet.
Après une immersion d’une semaine dans un tribunal de grande instance et un stage enquête de deux semaines, les élèves magistrats de la promotion 2017 effectuent actuellement leur stage de trois mois en cabinet d’avocats. C’est au sein d’un cabinet d’avocats d’affaires parisien que Melody Gombert, auditrice de justice, est passée de l’autre côté de la barre pour aborder la justice sous l’angle d’une partie au procès.
Qu’attendiez-vous de votre stage de trois mois en cabinet d’avocats ?
« En tant qu’ancienne élève avocate, j’avais déjà eu l’opportunité d’effectuer un stage auprès d’une avocate généraliste exerçant à titre individuel. J’attendais donc de ce stage qu’il me permette d’observer un mode de fonctionnement différent, d’appréhender une nouvelle méthode de travail - tant dans la rédaction des actes que dans la relation avec les clients -, mais aussi d’enrichir ma connaissance du contentieux judiciaire du point de vue de l’avocat. La taille et la spécificité du contentieux abordé au sein du cabinet ont répondu à mes espérances. »
Quelles missions vous ont été confiées ?
« Les missions sont de plusieurs ordres : rédaction d’actes, recherches juridiques et accompagnement aux audiences. J’ai notamment eu la chance d’assister à une importante session d’assises lors d’un détachement au sein d’un autre cabinet, de suivre plusieurs permanences d’instruction et de comparution immédiate ainsi que des interrogatoires.
J’ai participé à la rédaction de plusieurs actes dont un mémoire en défense devant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM). L’étude de la jurisprudence du CSM et la construction d’une stratégie de défense dans un tel dossier se sont avérées extrêmement enrichissantes dans le cadre de ma formation.
Si je suis principalement affectée au pôle média, je ne suis pas attachée à un avocat en particulier. Ainsi, j’ai eu l’opportunité de travailler sous la houlette d’associés et de collaborateurs issus d’autres départements, en fonction des besoins du cabinet, du rythme des audiences et de l’intérêt des dossiers pour ma formation.
»
Quels enseignements tirez-vous de ce stage au regard de votre futur métier ?
« Ce stage m’a permis d’observer de nouvelles pratiques de travail et d’aborder des contentieux qui m’étaient jusqu’alors inconnus, en particulier le droit de la presse qui est soumis à des règles particulières et traité par des magistrats et des avocats spécialisés.
Cela a par ailleurs été l’occasion d’appréhender le rôle de l’avocat en dehors de l’audience et de constater qu’avant d’être soumis au magistrat, le dossier a connu de multiples étapes préalables, notamment en matière civile.
J’ai également pu constater l’importance de la relation entre l’avocat et son client ainsi que le rôle de conseil et d’éclaireur qui lui est dévolu face à un système judiciaire qui paraît parfois obscur à une personne non rompue aux règles de droit.
Enfin, j’ai pris conscience de la charge de travail conséquente de l’avocat et du peu de temps qui lui est imparti pour préparer une défense efficace, notamment lors des permanences pénales, alors même que la qualité d’une défense structurée et argumentée est déterminante dans le prononcé d’un bon jugement.
Ce stage est révélateur du rôle central qu’occupe l’avocat en tant qu’auxiliaire de justice au sein d’un système judiciaire complexe.
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