Ateliers sur les émotions du magistrat en situation professionnelle

À quelques mois de leur prise de poste, les futurs magistrats de la promotion 2016 ont participé, le 26 avril dernier, à une séquence pédagogique sur l’éthique et les émotions. Cette dernière a permis aux auditeurs de justice d’aborder les questions déontologiques en lien avec les émotions, mais aussi de comprendre comment les émotions pouvaient être une aide à la prise de décision et un outil de réflexion pour une meilleure collaboration professionnelle.

Ateliers sur les émotions du magistrat en situation professionnelle

Organisée par les pôles de formation Communication judiciaire et Humanités judiciaires de l’ENM dans le cadre de la préparation aux premières fonctions de la promotion 2016, cette séquence sur le positionnement du magistrat et sur la gestion des émotions a débuté par une conférence sur l’intervision, un outil d’analyse professionnelle permettant à des binômes de magistrats de porter mutuellement un regard critique sur leurs pratiques respectives. « L’intervision n’a pas pour objet de remettre en cause les décisions des magistrats qui s’y prêtent mais de leur permettre d’analyser leurs pratiques, d’observer les interactions avec le justiciable et de se remettre en cause dans un cadre bienveillant », souligne Valérie Noël, co-animatrice du pôle Communication judiciaire.

Cette conférence a été suivie d’ateliers en petits groupes animés par des coordonnateurs de formation, à l’occasion desquels les auditeurs de justice ont rapporté des expériences vécues durant leur stage de 10 mois en juridiction, avant d’aborder le positionnement du magistrat et les relations professionnelles. Ces échanges se sont appuyés sur des témoignages vidéo de magistrats exerçant différentes fonctions.

« Nous avons évoqué avec eux le positionnement du magistrat auprès des justiciables, qui peut être différent selon la fonction et le cadre. Les émotions, ressenties envers les justiciables, peuvent être des indicateurs de difficultés non exprimées. Elles doivent être évoquées pour dialoguer et ainsi amener le magistrat à prendre une décision avec une vision globale de la situation. Nous avons également parlé des relations enrichissantes et parfois complexes qui se nouent dans le champ professionnel, que ce soit entre magistrats mais également avec les avocats, les enquêteurs, le greffe et tous les interlocuteurs de l’institution. Enfin, les auditeurs pouvant être force de proposition, nous nous sommes demandés comment ils pouvaient se faire entendre afin d’apporter de la nouveauté dans l’organisation des services et les pratiques», détaille Valérie Noël.