2e concours d’accès à l’ENM : interview du major de la session 2018

Les inscriptions aux concours 2019 de l’École nationale de la magistrature sont ouvertes jusqu’au 14 mars. Rencontre avec Jérémie Piété, ancien juriste au sein d’une autorité publique indépendante, qui a passé en 2018 le 2e concours réservé aux agents publics pour se reconvertir dans la magistrature. Reçu major, il vient de faire sa rentrée à l’ENM en qualité d’auditeur de justice de la promotion 2019.

Jérémie Piété, major de la session 2018 du 2e concours d’accès à l'ENM
Jérémie Piété, major de la session 2018 du 2e concours d’accès à l'ENM

Quel a été votre parcours professionnel avant de passer le concours de l’ENM ?

« Après une licence de droit à l’Université d’Orléans, dont une année passée en Angleterre, puis des études de droit européen à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, j’ai obtenu le certificat d’aptitude à la profession d’avocat en 2013.
Depuis 2014, j’occupais la fonction de juriste au pôle contentieux de la direction des affaires juridiques de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (ARAFER), autorité publique indépendante créée en 2010. »
Pourquoi avez-vous décidé de vous reconvertir dans la magistrature ?

« Plus qu’une reconversion, il s’agit pour moi d’une évolution professionnelle correspondant à une aspiration profonde et déjà ancienne qui s’est affirmée au fil de mon parcours. À l’École de formation professionnelle des barreaux de la cour d’appel de Paris (EFB), j’ai notamment fait des rencontres décisives avec des magistrats instructeurs de la juridiction interrégionale spécialisée de Paris qui m’ont conforté dans l’idée que le métier de magistrat correspondait finalement davantage à mes attentes et à ma personnalité que celui d’avocat.

Au sein de l’ARAFER, dans un cadre quasi juridictionnel, j’ai conduit l’instruction de différends sectoriels ainsi que de la phase administrative des procédures en manquement. J’ai également pu entretenir des contacts professionnels avec des magistrats administratifs et judiciaires. Cela a confirmé mon goût pour l’instruction des dossiers et le règlement des litiges et affermi mon intérêt pour l’autorité judiciaire, environnement stimulant, exigeant et en mutation. Outre l’idéal de justice qui m’anime, c’est l’aspect extrêmement concret, humain et vivant de la profession qui m’a véritablement convaincu de présenter ce concours. »

Comment avez-vous préparé le 2e concours de l’ENM réservé aux fonctionnaires et agents de l’État ?

« Je me suis d’abord inscrit à une “prépa” avec le soutien de mon employeur et dans le cadre de mon droit à la formation, afin de bénéficier d’un encadrement pédagogique. Mes connaissances théoriques, particulièrement en droit civil et pénal, remontaient à quelques années et les matières avaient connu de nombreuses réformes. D’où une nécessaire et importante remise à niveau.

J’ai ensuite principalement travaillé seul, soirs et week-ends, tout en me confrontant autant que possible au regard extérieur de mes amis juristes. J’ai insisté sur mes points faibles qui étaient le droit civil et les cas pratiques, et particulièrement mis l’accent sur la culture générale et le droit public. J’ai aussi fait en sorte de disposer d’un mois entier pour me consacrer à cette préparation avant les épreuves écrites. »

Quels conseils donneriez-vous aux futurs candidats pour préparer le concours ?

« Compte tenu de l’ampleur du programme, il me semble primordial de travailler de façon assidue, à une fréquence quasi quotidienne. Je conseillerais par conséquent aux candidats des 2e et 3e concours de débuter leur préparation le plus tôt possible, étant donné le temps limité qu’ils pourront dégager à cet effet. J’ai par exemple commencé ma préparation en mai 2017. En outre, je recommande quelques jours de repos total après les écrits afin d’être en mesure de débuter la préparation des épreuves d’admission dans les meilleures conditions. Il est juste de dire que ce concours représente un marathon. Il apparaît donc préférable de maintenir un rythme soutenu et continu, mais ne pas s’essouffler trop vite.

Par ailleurs, il est nécessaire d’assimiler et de maîtriser rapidement une méthodologie efficace pour chaque épreuve en s’entraînant le plus régulièrement possible en conditions réelles. On peut difficilement envisager de tout maîtriser, mais il est vraiment crucial de ne faire aucune impasse.

Enfin, il faut éviter de sombrer dans un rythme irrespirable, en alternant régulièrement les matières et en profitant de toutes les occasions qui se présentent pour décompresser. »

Que représente pour vous le fait d’être major de votre promotion ?

« Quand vous espérez seulement que votre nom figure sur la liste, le reste relève du bonus. C’est évidemment une belle surprise, une fierté et une grande satisfaction car cela récompense les efforts d’une année et demie de travail en parallèle de mon activité professionnelle. »

inscription aux concours d'accès

jusqu'au 14 mars 2019