Bénédicte Baudoin-Geiger, major du concours complémentaire 2018

Reçue major au concours complémentaire de l’ENM après plus de 10 années dans le monde de l’entreprise, Bénédicte Baudoin-Gerger fait partie des 76 professionnels en reconversion ayant effectué leur rentrée à l’École nationale de la magistrature le 7 janvier dernier. Elle revient sur son parcours et ses motivations pour se reconvertir dans la magistrature, avant d’évoquer la préparation de ce concours réservé aux candidats de 35 ans et plus qui justifient d'au moins 7 ans d'activité professionnelle les qualifiant particulièrement pour exercer des fonctions judiciaires.

Major promotion B. Baudoin-Geiger
Major promotion B. Baudoin-Geiger

Quel a été votre parcours professionnel avant de passer le concours complémentaire de l’ENM ?

« Après des études de droit privé en Allemagne et en France, j’ai voulu travailler dans un environnement international. J’ai d’abord exercé dans un cabinet d’avocats avant de rejoindre le monde de l’entreprise où j’ai travaillé en tant que juriste, puis chargée de mission. Je me suis par ailleurs formée à la médiation, par intérêt pour ce mode de règlement alternatif des conflits. »

Pourquoi avez-vous décidé de vous reconvertir dans la magistrature ?

« Après plus de 10 ans passés dans le monde des affaires, j’ai ressenti le besoin d’exercer une activité professionnelle participant de manière directe à l’intérêt général. Il était pour moi néanmoins important de poursuivre une activité juridique car j’aime le droit en tant qu’il lie des aspects théoriques et pratiques, rationnels et humains. S’ajoutaient à cela mon souhait d’entrer dans une profession offrant des parcours variés et ma volonté de poursuivre une activité autour du règlement des conflits. Le métier de magistrat m’est vite apparu comme répondant à l’ensemble de ces critères. »

Comment avez-vous préparé le concours de l’ENM en parallèle de votre activité professionnelle ?

« J’ai d’abord pris le temps de bien tester ma motivation, en effectuant un stage d’observation dans un tribunal de grande instance, en assistant à plusieurs audiences et en multipliant mes échanges avec des magistrats. Une fois ma conviction établie, je me suis lancée concrètement dans la préparation du concours. J’avais besoin d’une remise à niveau, aussi bien théorique que méthodologique, pour laquelle il m’a semblé nécessaire, dans le court laps de temps dont je bénéficiais, d’avoir recours à une « prépa ». Les écrits ont par ailleurs demandé un travail intensif mais très intéressant, que j’ai notamment effectué durant la pause estivale. Pour les oraux, au-delà de la préparation « technique » sur la méthodologie du cas pratique et sur l’épreuve d’option, j’ai surtout cherché à être au clair sur les raisons qui m’ont amenée à cette envie de devenir magistrat, ce qui m’a permis de me sentir à ma place lors des entretiens. »

Que représente pour vous le fait d’être major du concours complémentaire 2018 ?

« J’étais à mille lieux de m’imaginer que j’allais être major. Je dois même dire que j’ai mis un peu de temps à le réaliser. Mais aujourd’hui, cela me renforce dans ma conviction d’avoir pris la bonne décision en choisissant de me lancer sur le chemin de la magistrature. »