Marina Uman : major du 1er concours d’accès 2016 de l’ENM
Publié le 20 janvier 2017

Marina Uman, 26 ans, a été reçue major au 1er concours d’accès 2016 de l’ENM. Elle revient sur son parcours, ses motivations et la manière dont elle s’est préparée aux épreuves. Témoignage.
Quel a été votre parcours ?
« J’ai obtenu ma licence de droit privé puis un master 1 « Justice et Procès » à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. J’ai ensuite opté pour le master 2 mention « Droit privé et carrières judiciaires » de Nanterre. La spécificité de ce dernier est qu’il combine un aspect de recherche, avec la rédaction d’un mémoire, et un versant plus professionnel, avec deux mois de stages. C’est ce qui le rend particulièrement adapté pour préparer le concours de l’ENM. »
Quels aspects du métier de magistrat vous ont encouragée à passer le concours de l’ENM ?
« Le magistrat est, à mon sens, un garant de la paix sociale, chargé de maintenir l’équilibre fragile entre des intérêts, priorités et conceptions difficilement conciliables au sein d’une même société. À cette fin, il est investi d’un véritable devoir de décision. Il se doit de relever chaque jour le défi de répondre à un idéal de justice, parfois à l’aide de constructions ingénieuses, voire audacieuses. Avoir un rôle aussi actif dans la concrétisation de cet idéal m’attirait. C’est donc cet aspect du métier de magistrat qui m’a encouragée à passer le concours de l’ENM. »
Comment avez-vous préparé le concours ?
« Après l’obtention de mon master 2, j’ai choisi de consacrer une année de préparation au concours de la magistrature, au sein d’un institut d’études judiciaires (IEJ), ce qui m’a permis de découvrir le fonctionnement du concours mais aussi de consolider et d’actualiser mes connaissances dans les diverses matières au programme. Une première tentative m’a démontrée que ce n’était pas tant les connaissances qui me faisaient défaut, mais une méthode plus efficace pour les mettre en valeur. Pour ma seconde année, je me suis donc inscrite dans une préparation à distance : ce format permet de prendre davantage de recul sur le contenu des cours et de s’organiser un peu plus comme on le souhaite dans son travail. Mais cela demeure un choix très personnel. »
Que représente pour vous le fait d’être major de votre promotion ?
« Trois choses. Ce classement est naturellement, avant tout, une grande fierté. Il est, ensuite, une incroyable surprise. À l’issue des épreuves, je nourrissais un certain optimisme quant à l’obtention du concours mais être première m’était inimaginable. Enfin, être major de ma promotion représente une sorte de revanche sur moi-même par rapport à ma tentative infructueuse de l’an passé. »
Finalement, quels conseils donneriez-vous aux candidats pour bien préparer le concours ?

« Surtout, de ne jamais se décourager. Le 1er concours n’est ni un contrôle continu, ni un recrutement sur dossier. Ne pas avoir un parcours universitaire assorti de mentions chaque année ou obtenir des notes parfois décevantes au cours de la préparation, voire lors de la présentation du concours, n’a rien de rédhibitoire. Par ailleurs, il est primordial de ne pas négliger les entraînements et ce a fortiori lorsque les sujets sont très peu connus ou désarçonnants. Cela permet d’affiner sa méthode et de réviser les notions de manière plus active ; la mémorisation s’opère mieux ainsi. Pour ma part, j’essayais autant que possible de refaire les dissertations en les modifiant lorsque je n’étais pas à l’aise avec le plan ou le contenu proposé. Cette habitude m’a beaucoup aidée. Enfin, je pense qu’il faut toujours garder à l’esprit que tout institut de préparation, aussi excellent soit-il, n’est jamais qu’un outil au service du candidat. Il ne supplée en aucun cas son travail personnel, son sens critique ou sa curiosité. La fonction de magistrat requiert une certaine autonomie ; il est profitable de la cultiver dès la préparation du concours. »

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