3e concours d’accès à l’ENM : interview de la major de la session 2018

Les inscriptions aux concours 2019 de l’École nationale de la magistrature sont ouvertes jusqu’au 14 mars. Rencontre avec Anaïs Lanfrey, qui a passé en 2018 le 3e concours réservé aux salariés du secteur privé pour se reconvertir dans la magistrature. Reçue major, elle a effectué sa rentrée à l’ENM en qualité d’auditrice de justice de la promotion 2019 le 28 janvier dernier.

Anaïs Lanfrey, Major de la session 2018 du 3ème concours d'accès
Anaïs Lanfrey, Major de la session 2018 du 3ème concours d'accès

Quel a été votre parcours professionnel avant de passer le concours de l’ENM ?

« Après des études d'histoire puis de communication politique et publique, j’ai débuté comme chargée de communication en collectivités locales. En 2006, j'ai rejoint un grand établissement public sous contrat de droit privé. J'y ai exercé jusqu’en 2017, d'abord comme directrice adjointe de la communication au niveau national, puis comme directrice de la communication dans l'établissement régional de Bretagne, enfin comme directrice de la communication et du marketing dans l'établissement Aquitaine-Limousin. »

Pourquoi avez-vous décidé de vous reconvertir dans la magistrature ?

« J’aimais déjà beaucoup le droit public et le droit de la communication pendant mes études, mais c’est au cours de mon activité professionnelle que j’ai vraiment pris conscience de mon appétence pour le droit en tant qu’outil du quotidien. J’ai ainsi notamment travaillé à la mise en œuvre des marchés publics dans les services dont j’ai pris la direction.
Lorsque j’ai envisagé une nouvelle orientation professionnelle, j'ai tout de suite pensé à l'ENM. En effet, la magistrature concilie différents aspects de mon engagement, de mes valeurs et de mes intérêts. Prendre des décisions respectueuses du cadre légal et éthique permettant de concilier les droits des individus au sein de la société est ce qui me motive concrètement dans le métier de magistrat. Ce dernier permet par ailleurs de bénéficier d’une mobilité fonctionnelle, ce qui est un élément important pour moi. »

Comment avez-vous préparé le 3e concours d’accès à l’ENM ?

« Au départ, cela me semblait presque impossible d'accéder à ce concours, puisque je n'étais pas diplômée en droit. J’ai cependant eu l’occasion de me consacrer à plein temps à sa préparation : je me suis finalement inscrite début 2018 à un institut d’études judiciaires (IEJ) qui proposait des cours à distance et j’ai réalisé tous les entraînements en temps réel. Je travaillais toute la journée à la maison en alternant les cours de deux matières chaque jour. J'ai par ailleurs conservé le rythme d'un entraînement par semaine même lorsque l'IEJ n'en proposait plus, en m'autocorrigeant avec les sujets et corrigés en ligne.

Dès la semaine suivant les épreuves écrites, j'ai commencé à préparer les épreuves d'admission. Durant l'été, j'ai également suivi les enseignements et entraînements d'une préparation privée. »

Quels conseils donneriez-vous aux futurs candidats pour préparer le concours ?

« Mon principal conseil serait de ne jamais relâcher ses efforts, de travailler avec persévérance en se répétant qu’il est possible d'y arriver. Pour ma part, j'avais au départ un "plan de travail" sur un an et demi avec pour objectif final le concours 2019. Je me suis finalement rendue compte, avec les entraînements, que je pouvais peut-être réussir la première année et je me suis accrochée, tout en m'offrant cette bouffée d'oxygène qui consistait à avoir "une deuxième chance" en 2019.
Je crois que l'essentiel dans ce concours, c'est la motivation et la réflexion personnelle, mais aussi l'organisation, surtout en parallèle d’une activité professionnelle : avoir un objectif sur 2 ou 3 ans quand cela est possible, se donner des objectifs de travail atteignables, faire des activités en parallèle pour s’accorder des temps de respiration. Pour ceux qui le peuvent, préparer à plein temps est vraiment un plus. Je pense aussi qu’il est primordial de bien connaître sa façon de travailler : par exemple, certains apprennent mieux sur les manuels ; pour ma part, je préfère les cours vidéo associés à une prise de note. Je conseille également de réaliser le maximum d'entraînements en temps réel. Enfin, il est essentiel de suivre l'actualité quotidiennement car cela sert dans absolument toutes les épreuves. »

Que représente pour vous le fait d’être major de votre promotion ?

« Être major de la promotion est un grand honneur et une grande joie pour moi. Cela a été une énorme surprise compte tenu de mon parcours. Je crois que cela démontre à quel point la motivation est primordiale dans ce concours mais aussi qu'il n'est jamais trop tard pour se lancer dans l'aventure, quel que soit son parcours antérieur. »

inscription aux concours d'accès

jusqu'au 14 mars 2019