1er concours d’accès à l’ENM : interview du major de la session 2018

À 23 ans, Amel Jakupovic a été reçu major de la session 2018 du 1er concours d’accès à l’École nationale de la magistrature. Alors qu’il débutera sa formation en qualité d’auditeur de justice ce lundi 28 janvier, il revient sur son parcours, ses motivations et sa préparation au concours. Rencontre.

Amel Jakupovic : major de la session 2018
interview du major de la session 2018 : Amel Jakupovic

Quelles études avez-vous fait avant de passer le concours de l’ENM ?

« Après deux années de classe préparatoire d’économie, droit et gestion (ENS D1) à Lyon, j'ai intégré en 2014 le département droit-économie-management de l'École normale supérieure (ENS) de Rennes. J'y ai obtenu un master 1 de droit européen délivré par la faculté de droit de l'Université Rennes 1. J'ai ensuite suivi le master 2 de droit pénal et sciences pénales de l'Université Paris II Panthéon-Assas, à l'issue duquel j'ai présenté le 1er concours d’accès à l'ENM. »

Quels aspects du métier de magistrat vous ont encouragé à intégrer l’ENM ?

« Je suis très sensible à la dimension de service public inhérente à la fonction de magistrat, mais également à la stimulation intellectuelle procurée par la mise en œuvre du droit dans un monde en perpétuelle évolution. Le magistrat, par ses décisions, joue un rôle clé dans notre société, ce qu'ont confirmé les stages d’observation en juridictions que j'ai pu effectuer en parallèle de mes études. »

Comment avez-vous préparé le concours ?

« Après mon M1, j'ai préparé en 2016-2017 le concours d'entrée à l'ENM au sein de la classe préparatoire proposée par l'ENS Rennes en partenariat avec l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Rennes. J'y ai approfondi mes connaissances en droit et travaillé la méthodologie. Après une première tentative infructueuse, j'ai préparé le concours en autonomie durant mon année de master 2. J'ai ensuite pu bénéficier d'un accompagnement précieux de l'ENS Rennes en partenariat avec l'IEP de Rennes pour la préparation aux oraux d'admission. »

Que représente pour vous le fait d’être major de votre promotion ?

« Ce classement, qui fut une immense surprise, est le fruit d'un travail intense et de longue haleine. C’est donc une fierté pour mes proches et moi-même, qui sommes issus d'un milieu modeste. Je ne perds toutefois pas de vue que le chemin pour devenir magistrat est encore long. »

Quels conseils donneriez-vous aux candidats qui préparent le concours de l’ENM ?

« Malgré l'ampleur du programme de ce concours, il ne faut pas oublier que la préparation est longue et que de nombreuses connaissances ont déjà été assimilées en licence et en master.
Je pense donc qu'il faut d'abord acquérir une méthodologie solide, ce qui passe par la compréhension des attentes des correcteurs. Pour cela, l'analyse des « meilleures copies » des années précédentes est très utile.
Il est ensuite nécessaire de bien maîtriser son temps, c'est-à-dire réviser régulièrement tout en s'accordant des moments de décompression indispensables. Dans tous les cas, il faut s'entourer de personnes qui nous tirent vers le haut. »