Formation des élèves magistrats : qu’apprennent-ils à l’ENM ? 2/2

Deuxième partie du témoignage d’Alix Bukulin, auditrice de justice issue du 1er concours, et d’Alexandre Djindian, ancien attaché territorial, tous deux élèves magistrats de la promotion 2017. Ces derniers font le point sur ce qu’ils ont appris lors de la scolarité à l’ENM débutée en juin 2017. Prochaine étape de leur formation : un stage de 10 mois en juridiction.

Alix Bukulin évoquant l’engagement européen de Simone Veil lors de l’inauguration de l’amphithéâtre à son nom.
Alix Bukulin évoquant l’engagement européen de Simone Veil lors de l’inauguration de l’amphithéâtre à son nom.

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Une ouverture riche

Au-delà de la dimension pratique du programme pédagogique, les auditeurs de justice ont mesuré l’ouverture de l’École en matière d’enseignements lors de ces huit mois passés à l’ENM : que ce soit pour rencontrer les différents partenaires du magistrat, pour appréhender avec de multiples intervenants le contexte non juridique de leurs décisions ou pour améliorer leur connaissance de la justice européenne.

Échanges du Réseau des écoles de formation judiciaire, conférences sur les partenaires du magistrat, rencontres avec les enquêteurs« Aborder régulièrement la dimension partenariale du métier de magistrat au fil de la période d’études me semble essentiel », explique Alexandre Djindian, qui travaillait, avant d’intégrer la promotion 2017, en lien avec les acteurs judiciaires, les forces de sécurité intérieure, les collectivités territoriales et les associations dans un Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance. Selon lui, une meilleure connaissance du réseau de partenaires facilitera en effet les échanges en juridiction et sur le terrain.

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« Les séquences pédagogiques du pôle Environnement judiciaire traitant de thèmes auxquels nous n’aurions pas nécessairement pensé au début de notre scolarité nous ont aussi beaucoup apporté pour notre stage et notre futur parcours », confie Alix Bukulin, qui illustre ses propos en citant notamment les journées sur la prison, les violences conjugales ou la précarité. « Les intervenants, parfois engagés, nous ont fait réfléchir, que nous soyons d’accord ou pas avec leur point de vue. Nous ne pouvions pas partir en juridiction sans ce bagage-là », assure-t-elle.

Toujours dans cette même logique d’ouverture, elle a aussi apprécié la dimension européenne du programme pédagogique, en particulier les échanges Aiakos du réseau européen de formation judiciaire. « J’ai eu la chance de partir à Lisbonne dans le cadre de ces échanges. Cela a été très riche : j’ai particulièrement apprécié les conférences auxquelles j’ai pu assister et les discussions avec nos homologues portugais sur les procédures, mais aussi sur nos futures fonctions », précise encore l’auditrice de justice.

Des élèves magistrats acteurs de leur scolarité

Enfin, les deux élèves magistrats ont aimé s’impliquer dans des activités optionnelles proposées par l’École pour devenir « acteurs de [leur] scolarité ».

« Le fait de participer à ces activités en parallèle des conférences et directions d’études donne une richesse toute particulière à cette période d’études car nous sommes amenés, à partir de l’espace de liberté qui nous est offert, à élaborer une réflexion, produire un travail et le présenter aux autres auditeurs de justice », détaille Alexandre Djindian, qui a choisi de travailler sur les thèmes des victimes et de l’impartialité et des émotions du magistrat. « Cela permet à la fois d’acquérir des connaissances supplémentaires, d’apprendre à travailler en équipe, à s’écouter, à se comprendre et à gérer cette production dans un temps restreint », ajoute-t-il.

Alix Bukulin a pour sa part introduit une conférence sur l’entretien judiciaire de l’enfant. Elle faisait également partie du groupe qui a présenté l’engagement européen de Simone Veil lors de l’inauguration de l’amphithéâtre éponyme. Enfin, elle a participé à l’organisation de la séquence dédiée au magistrat et aux réseaux sociaux et a présenté le métier de magistrat à des lycéens en effectuant une simulation d’audience de cour d’assises dans le cadre des actions citoyennes de l’ENM. « L’École nous pousse à être créatifs et nous fait confiance en nous donnant carte blanche : nous devons contacter de hautes personnalités, choisir notre façon d’aborder le thème choisi, organiser la logistique… Ce sont toujours des travaux très enrichissants et valorisants », conclut-elle.

Consulter : le séquençage de la formation de la promotion 2017