Comptabilité des entreprises : une formation par le jeu
Publié le 25 novembre 2015

Les auditeurs de justice, qui se sont glissés pour quelques heures dans la peau d’un chef d’entreprise, tiennent le journal de bord des dépenses, remplissent le compte de résultats… Les futurs magistrats de la promotion 2015 ont suivi une formation par le jeu à la comptabilité des entreprises, les 29 et 30 octobre derniers.
Ce concept pédagogique est utilisé depuis quatre ans dans le cadre du pôle Vie économique de l’ENM, en collaboration avec un organisme de formation qui développe les jeux dédiés à l’apprentissage.
Une approche concrète de la comptabilité

« La comptabilité n’est généralement pas vue en profondeur durant les études de droit et la plupart des futurs magistrats ne sont pas familiers de cette matière », observe Clémence Caron, animatrice du pôle Vie économique.

Apprendre par le jeu est une méthode qui semble tout à fait adaptée à ce public, comme en témoigne Sarah Pibarot, auditrice de justice de la promotion 2015 : « cette forme d’apprentissage était très pertinente. Nous appréhendions un peu de recevoir une formation à la comptabilité et avons été agréablement surpris. Le jeu nous a rendus plus réceptifs dès le départ et cette approche concrète de la comptabilité nous a permis de mieux comprendre ses règles et son fonctionnement », ajoute-t-elle.

Savoir lire des pièces comptables

Au-delà de l’aspect ludique de cet atelier, savoir analyser la comptabilité des entreprises représente un véritable enjeu professionnel pour les futurs magistrats : « les magistrats du siège comme du parquet peuvent être confrontés à des dossiers dans lesquels les aspects comptables sont déterminants. Divorcer un chef d’entreprise, requérir au tribunal de commerce, déterminer des préjudices commerciaux nécessite de savoir lire des pièces comptables », rappelle Clémence Caron. « Cet exercice a également permis aux auditeurs d’appréhender certaines contraintes des professions libérales et des entrepreneurs. »

« Cet atelier nous a appris à être vigilants face à un bilan comptable et à s’interroger sur la correspondance des chiffres avec la réalité. Un bilan peut paraître équilibré mais en tant que magistrat, nous devrons vérifier le fondement réel de ces chiffres », précise Sarah Pibarot.