Dalila Banicevic, major du concours complémentaire de l’ENM

Ancienne avocate reçue major au concours complémentaire de l’ENM, Dalila Banicevic, 40 ans, fait partie des 50 professionnels en reconversion ayant effectué leur rentrée à l’ENM le 8 janvier dernier. Elle revient sur son parcours, ses motivations pour se reconvertir dans la magistrature et la façon dont elle a préparé les épreuves du concours.

Dalila Banicevic, major du concours complémentaire de l’ENM

Quel a été votre parcours professionnel avant de passer le concours complémentaire de l’ENM ?

« Après avoir obtenu en 2002 un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en Droit des affaires internationales à l'université de Bourgogne, j’ai ressenti le besoin d’acquérir une expérience de juriste en entreprise et en banque. C’est finalement en effectuant un stage professionnel en cabinet d’avocat que j’ai choisi ce métier passionnant : j’ai ainsi exercé pendant un peu plus d’une dizaine d’années en qualité d’avocate généraliste à dominante droit pénal, de la famille, du travail, de l’incapacité et de la protection sociale. »

Pourquoi avez-vous décidé de vous reconvertir dans la magistrature ?

« Je défendais des intérêts privés et j’ai eu envie d’agir dans l’intérêt général et d’aborder les situations d’une façon plus objective. J’ai aussi été attirée par la diversité des fonctions proposées, leur caractère évolutif, la variété des contentieux traités par le magistrat, souvent complexes, qui en font un métier enrichissant sur le plan intellectuel et humain. Ce dernier requiert par ailleurs de la rigueur, une bonne maîtrise du droit, une ouverture d’esprit et de l’humanité. »

Comment avez-vous préparé ce concours et quels conseils donneriez-vous à de futurs candidats ?

« J’ai mis à jour et travaillé mes connaissances en m’aidant d’ouvrages fondamentaux consultés à la bibliothèque universitaire. J’avais besoin de réacquérir une méthodologie - qui était loin derrière moi - pour les différentes épreuves et de travailler sur les nombreux aspects des réformes intervenues en 2017. J’ai d’ailleurs suivi à cet effet une préparation privée à distance, qui m’a aussi permis de bénéficier de devoirs corrigés. Sans cela, je n'aurais pas pu progresser dans mon travail.

Je conseillerais aux candidats de bien profiter de l'été pour travailler très sérieusement sur les devoirs et la rédaction. Je pense qu'un entraînement intensif à ce moment-là est très utile, en complément d'un entraînement régulier lorsqu'on est disponible pendant l'année. Le reste du temps, ils devront également revoir les fondamentaux, les grands axes du droit civil et pénal, mettre à jour la jurisprudence et suivre l'actualité judiciaire notamment.
Je leur conseillerais par ailleurs de consulter le site de l'ENM qui contient de précieuses sources d'informations : les meilleures copies ou encore les rapports des jurys des années précédentes, pour se rendre compte concrètement de ce qui est attendu des candidats. »

Que représente pour vous le fait d’être major de votre promotion ?

« J’ai été très surprise et heureuse de ce résultat, d’autant plus que c’était la première fois que je préparais le concours. J’ai hâte de pouvoir concrétiser un projet qui m’accompagne depuis longtemps. »

Lire aussi : Les témoignages de Catherine Bottin-Vaillant, major du concours complémentaire 2016, et de Caroline Savey, major de la session 2015.