Les relations entre avocats et magistrats sous l’angle de l’éthique

La qualité des échanges entre magistrats et avocats est une condition incontournable pour avoir une justice efficace. C’est pourquoi un colloque consacré à l’éthique de la relation entre ces deux professions a été organisé par l’École nationale de la magistrature (ENM) en partenariat avec le Conseil national des barreaux (CNB). Il s’est tenu le 9 mars au tribunal de grande instance de Paris.

Organiser ce colloque : une évidence pour l'ENM

Traiter de la thématique de la relation judicaire entre avocats et magistrats à travers ce colloque, qui s’inscrit dans une politique globale de partenariat entre l’ENM et le CNB, « apparaissait comme une évidence car l’ENM a pour habitude de former les magistrats en associant les professionnels avec lesquels ils évoluent au quotidien » explique Coline Legeay, adjointe à la sous-directrice de la formation continue.

Repenser la qualité des échanges

Pour Olivier Leurent, directeur de l’École nationale de la magistrature, « s’intéresser à la qualité de la Justice et à la déontologie de ceux qui la rendent implique nécessairement de s’intéresser à la qualité de la relation entre magistrats et avocats, tant ces deux questions sont indissociables ». En effet, ces deux professions partagent des valeurs communes, notamment l’honneur, la probité, la délicatesse, le secret et la confidentialité, même si le débat judiciaire peut les opposer.

À travers ce colloque, magistrats et avocats ont pu repenser ensemble la qualité de leurs échanges, réfléchir à leur concours commun à la décision de justice, et trouver des pistes concrètes pour renouer avec le dialogue quotidien qui fait la richesse de leurs fonctions. Il a par exemple été proposé par Jean-François Beynel, premier président de la cour d’appel de Grenoble, de créer une interface de travail opérationnelle entre bâtonnier et chef de juridiction pour permettre aux deux fonctions de prévenir et traiter les difficultés. Une réponse pragmatique dans le prolongement des propos de Jean Danet, maître de conférences à l’université de Nantes et membre du Conseil supérieur de la magistrature : « l’évolution des déontologies résulte de l’évolution des pratiques ».