Rencontre avec Laure Beccuau, doyenne des enseignements de l’ENM

Laure Beccuau, procureure de la République près le tribunal de grande instance de Créteil, a été nommée doyenne des enseignements du pôle Processus de décision et de formalisation de la justice pénale en février dernier. Elle évoque ce nouveau rôle au regard de la formation des auditeurs de justice et des magistrats dans un entretien vidéo.

Objectifs du pôle de formation dédié à la justice pénale

Les enseignements de l’École nationale de la magistrature sont organisés en 8 pôles de formation, dont le pôle Processus de décision et de formalisation de la justice pénale. Ce dernier doit notamment permettre aux élèves magistrats et magistrats d’adopter une approche globale de la procédure pénale et de mesurer le sens des actes accomplis par chacun des intervenants judiciaires, d’assurer l’efficacité du processus de recherche de la vérité dans le respect des principes généraux édictés par l’article préliminaire du code de procédure pénale, mais aussi d’orienter la procédure, de prendre une décision motivée, adaptée et individualisée et de la mettre à exécution.
En qualité de doyenne des enseignements, Laure Beccuau a pour mission d’apporter son expertise au corps enseignant pour la mise en œuvre des objectifs pédagogiques de l’ENM. Déjà régulièrement associée aux actions de formation de l’École, elle a notamment animé, en mai dernier aux côtés de Jean-Michel Hayat, président du tribunal de grande instance de Paris, une conférence sur le thème des relations entre les chefs de juridictions et les magistrats devant les élèves magistrats de la promotion 2017, à quelques mois de leur prise de poste. Elle a également participé à une session de formation continue destinée aux magistrats en exercice sur la lutte contre le proxénétisme du 22 au 24 mai derniers.

Des messages adressés aux magistrats

Dans son entretien vidéo, Laurence Beccuau adresse un message bienveillant aux élèves magistrats : “Soyez fiers mais soyez aussi modestes. L’acte de juger est essentiel dans un État de droit, mais les magistrats ont entre leurs mains l’honneur, l’avenir d’un homme et sa liberté. Dès lors, sans justice professionnelle, il n’y a pas d’état démocratique. Soyez modestes et ayez la culture du doute. Le doute qui pousse à prendre tous les chemins de la réflexion dans la recherche de la vérité et de la solution judiciaire. Mais surtout n’oubliez pas l’épaisseur humaine des dossiers, il faut savoir écouter. Juridiquement, on l’appelle le respect du principe du contradictoire et, déontologiquement, on l’appelle l’attention portée à autrui”.
Elle a par ailleurs rappelé l’importance de la formation continue pour les magistrats. “Elle m’apparaît essentielle, notamment parce que c’est un moment rare d’échanges sur les pratiques professionnelles et de regard qualitatif sur la décision que l’on rend », assure-t-elle.