« Avant même que d’écrire, apprenez à penser » (Boileau)
Le projet 2009 est un projet global qui a pour vocation de remettre en cohérence la chaîne du recrutement et de la formation des magistrats. Le format du concours n’a pratiquement pas été repris depuis la création de l’Ecole, et quant à la pédagogie elle-même, sa dernière grande refonte date d’il y a 17 ans. Depuis, de nombreuses réformes sont intervenues pour améliorer sans cesse la formation.
Ces retouches successives ont grandement contribué à la qualité de l’enseignement, mais au détriment de sa cohérence d’ensemble. La formation initiale, par exemple, est aujourd’hui un patchwork de séquences d’enseignements denses et compactes mais dont la cohérence pédagogique s’est affaiblie.
La remise en cohérence du concours, de la formation initiale et de la formation continue s’est faite dans le projet 2009 avec une véritable approche « ressources humaines » visant à adapter le recrutement et la formation aux compétences considérées comme fondamentales du métier de magistrat.
Qui recruter ? Comment le recruter ? Comment le former ?
A ces trois questions, l’Ecole doit répondre en s’appuyant sur une déclinaison précise des compétences attendues du magistrat, en adéquation avec les besoins de son temps .
Il existe une forte attente, dans la société civile comme au sein de la justice, pour que les candidats recrutés ne soient pas simplement d’excellents juristes dont l’Ecole fera d’excellents techniciens de leurs fonctions.
L’exigence d’écoute, d’humanité tout autant que de technicité est centrale, tout comme l’est la capacité à prendre des décisions, à être des gestionnaires, à gérer des conflits ou des crises, à communiquer. Or le concours n’est pas fondamentalement conçu actuellement pour identifier des candidats ayant ces compétences fondamentales en plus des aptitudes culturelles, juridiques et rédactionnelles qu’il vise principalement à détecter.
La redéfinition des épreuves du concours, du contenu de la pédagogie à l’Ecole, et de la formation continue vise à permettre d’identifier, puis de développer de manière plus systématique ces compétences fondamentales à côté des compétences juridiques et fonctionnelles qui doivent cependant rester au cœur du recrutement et de la formation des magistrats.
Une autre attente concerne l’ouverture du corps de la magistrature vers une plus grande diversité. Le développement des classes préparatoires intégrées, l’accès facilité des personnels du ministère de la justice aux fonctions de magistrat, la prise en compte de l’ancienneté pour les auditeurs recrutés sur titre pour assurer une plus grande attractivité du recrutement sont autant de mesures qui permettront de diversifier les sources de recrutement afin d’enrichir le corps judiciaire.