Prix de la recherche 2019 : rencontre avec Rebecca Legendre

Alors que les inscriptions au Prix de la recherche 2020 sont ouvertes jusqu’au 10 avril 2020, retour sur le Prix de la recherche 2019 attribué à Rebecca Legendre pour sa thèse intitulée Droits fondamentaux et droit international privé, réflexion en matière personnelle et familiale.




Pourquoi avoir choisi ce sujet de thèse ?

« J’ai choisi ma directrice de thèse, Léna Gannage, avant mon sujet. En Master 2, j’ai suivi son cours sur le droit international privé et les conflits de culture qui m’a totalement passionnée. Elle évoquait justement les problématiques que posaient les droits fondamentaux en droit international privé. J’ai donc pris contact avec elle et c’est à partir de là qu’on a décidé de ce sujet : Droits fondamentaux et droit international privé, réflexion en matière personnelle et familiale. J’avais l’impression qu’on pouvait approfondir l’aspect technique des droits fondamentaux. C’était un point qui posait quelques difficultés et ça m’intéressait d’avoir un sujet qui ait à la fois une dimension politique et philosophique – qui puisse permettre de prendre de la hauteur – et en même temps qu’il y ait une réelle dimension technique à approfondir : comment concrètement les juges appliquent les droits de l’homme ? Tout cela supposait un traitement assez technique de la question, et c’est ce qu’il me plaisait, de lier les deux. »

Quelles ont été vos motivations pour participer au prix de la recherche de l’ENM ?

« Tout d’abord, car c’est un prix très prestigieux ! Ensuite, comme je me suis beaucoup appuyée sur les décisions de justice, du juge européen mais aussi de la Cour de cassation, j’étais curieuse de voir si mon travail pouvait intéresser des magistrats qui étaient tous les jours, ou régulièrement, confrontés à la question de l’application des droits fondamentaux. »

Pensez-vous que votre thèse pourrait alimenter la réflexion des futurs magistrats ?

« Ma thèse pourrait peut-être pour les guider, leur donner des pistes dans l’application des droits fondamentaux. J’ai tenté de distinguer les différentes étapes du contrôle de proportionnalité et de le rationnaliser, notamment pour que les juges, lorsqu’ils font l’application des droits fondamentaux, aient à leur disposition une méthodologie du contrôle de proportionnalité et qu’elle puisse leur garantir une légitimité, la légitimité de leur décision. »

Quel a été votre parcours ?

« J’ai fait un baccalauréat scientifique, je n’étais pas destinée totalement au droit, en tout cas au départ. Puis j’ai poursuivi des études de droit à l’université et en même temps des études de théâtre. Finalement, j’ai fait un Master à l’Université de Panthéon-Assas, à Paris II, puis j’ai fait un Master 2 en droit privé général, pas spécialisé automatiquement en droit international privé. C’est à l’issue de ce Master 2, et grâce à un contrat doctoral, que j’ai commencé une thèse. J’ai eu la chance de partir 8 mois à l’Université de Berkley en Californie lors de la 1ère année de thèse. Puis, j’ai eu une mission d’enseignement, j’ai été chargée de travaux dirigés à Paris II. J’y suis aujourd’hui maître de conférences en droit privé. »