Reconversion : témoignage de la major du concours complémentaire 2019

Avocate depuis 9 ans et major du concours complémentaire de l’ENM, Marianne Cordelle a débuté sa formation d’élève magistrate en janvier 2020, puis son stage probatoire de 4 mois au sein du tribunal judiciaire de Lille en février. Elle revient sur son parcours, ses motivations pour se reconvertir dans la magistrature et sa préparation aux épreuves du concours en parallèle de sa vie professionnelle et de sa vie familiale.

Quel a été votre parcours professionnel avant de passer le concours de l’ENM ?

« Après des études d’histoire et de droit, je suis devenue avocate, profession que j’ai exercée pendant 9 ans en cherchant à développer une pratique aussi généraliste que possible, tant en conseil qu’en contentieux, et tant auprès de particuliers que de sociétés : droit des affaires au sens large, droit social, droit de la famille, litiges délictuels et contractuels… Cela m’a permis de travailler avec des interlocuteurs très variés et dans de nombreux domaines. »

Pourquoi avez-vous décidé de vous reconvertir dans la magistrature ?

« Mon envie d’assumer un positionnement et un rôle différents dans le traitement des litiges s’est développée au fil du temps, via ma fréquentation des palais de justice, mes échanges avec les différentes juridictions, ainsi que mes lectures. J’ai voulu poursuivre ma carrière dans le milieu judiciaire qui me passionne toujours autant, non plus en défendant des intérêts particuliers, mais en cherchant à préserver l’intérêt général, non plus en soutenant la position d’une seule partie, mais en prenant en compte l’argumentation développée par chacune d’entre elles dans la recherche impartiale de la solution juridique la plus adaptée. J’apprécie la possibilité d’avoir un exercice professionnel individuel et indépendant, tout en devant travailler en équipe avec différents professionnels du monde de la justice. Tout cela répond en effet à ma recherche d’un quotidien professionnel varié, à ma volonté d’être confrontée à des interlocuteurs de toute nature, et également de pouvoir, au fil du temps, évoluer en fonction des différents postes occupés. »

Comment avez-vous préparé le concours en parallèle de votre activité professionnelle ?

« Compte tenu du peu de temps libre que me laissaient mes obligations professionnelles et familiales, j’ai misé sur une préparation entamée bien en amont des épreuves du concours, dès le début de l’année 2019. Je me suis inscrite à une prépa à distance afin de me faciliter au maximum la tâche, et je me suis efforcée de travailler aussi régulièrement que possible, 2 ou 3 soirs par semaine environ, et une matinée par week-end, en reprenant les grands axes théoriques du droit civil et du droit pénal. J’ai ensuite profité des mois d’été pour intensifier mes révisions et ma préparation, notamment en rédigeant plusieurs devoirs blancs dans chacune des épreuves du concours afin de me réapproprier la méthode de la dissertation et de la note de synthèse. »

Que représente pour vous le fait d’être major du concours complémentaire 2019 ?

« Au-delà de la surprise d’abord et de la fierté ensuite, j’y vois surtout la confirmation d’avoir pris la bonne décision en m’engageant dans cette voie. »