Justice des mineurs : lancement du cycle de formation

Du 4 au 7 février derniers, s’est déroulée à l’ENM, à Paris, la première phase du « Cycle approfondi d’études de la justice des mineurs » (CAJM). Les 20 magistrats et 5 cadres de l’aide sociale à l’enfance inscrits ont participé à sa journée d’ouverture, puis à la session obligatoire « Construction de la personnalité - petite enfance ». Cette 2e promotion a ainsi entamé son parcours qualifiant de formation continue, qui doit durer 2 années, à raison de 10 à 12 jours par an.

Un cycle de formation pluridisciplinaire sur la justice des mineurs

Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de la protection de l’enfance, et Olivier Leurent, directeur de l’ENM, ont introduit l’ouverture de ce cycle de formation. Ils ont tous deux rappelé l’importance du décloisonnement entre les acteurs de la protection de l’enfance, comme de la pluridisciplinarité des approches. « Se former ensemble, c’est ouvrir la possibilité de développer une culture commune et des outils partagés », ajoute Laurence Begon-Bordreuil, magistrate-coordonnatrice de formation, au sein de l’ENM, responsable de ce cycle.

Ce cycle de formation continue est construit sur un socle de formations variées, composé de sessions thématiques, de séquences pratiques aux techniques d’entretien et de stages. Il permet aux professionnels d’acquérir :

  • des notions fondamentales sur les droits de l’enfant et les dispositifs de prise en charge au civil et au pénal,
  • des références théoriques sur le développement de l’enfant,
  • des connaissances cliniques sur les conséquences de la maltraitance et de la négligence,
  • des compétences sur le repérage des signes de souffrance de l’enfant,  
  • des compétences pour communiquer avec les enfants et entreprendre une démarche participative avec les parents (favorisant leur adhésion et leur mobilisation),
  • une meilleure connaissance de l’environnement institutionnel en protection de l’enfance.

Et il s’appuie sur la haute compétence « de professionnels intervenants très diversifiés : psychiatres, psychologues, sociologues, anthropologues, magistrats, éducateurs, travailleurs sociaux… Cette pluralité des champs théoriques est essentielle, car elle vient soutenir les acteurs dans leur prise de décision, en adéquation avec les besoins fondamentaux des enfants », complète Laurence Begon-Bordreuil.

Le CAJM a été créé en 2019 dans la logique des recommandations du Conseil de l’Europe, notamment la Recommandation CM/Rec(2011)12) et la Démarche de consensus sur les besoins fondamentaux de l’enfant en protection de l’enfance, en date du 28 février 2017.

Construction de la personnalité dans la petite enfance

Pendant 3 jours, du 5 au 7 février, les professionnels inscrits au cycle ont suivi à l’ENM la session « Construction de la personnalité - petite enfance », premier temps de formation du CAJM, et session obligatoire de ce parcours qualifiant.
Les magistrats ont pu, à travers « des travaux en sous-groupes, confronter leurs connaissances acquises aux situations judiciaires réelles dont ils ont la charge », détaille Laurence Begon-Bordreuil.

Avec les professionnels de l’Aide sociale à l’enfance, ils se sont appuyés sur des références théoriques et cliniques, telle celle de la théorie de l’attachement, pour « identifier les conséquences du non-respect des besoins fondamentaux d’un jeune enfant dans la construction de sa personnalité et repérer les liens entre les troubles psychopathologiques présentés et les carences ou maltraitances subies », ajoute-elle.