Travail en petit groupe : un atout pour les élèves magistrats

Le 13 juin dernier, la promotion 2019 a été répartie pour la première fois en 16 directions d’études de 20 à 21 élèves magistrats. Il s’agit du format pédagogique privilégié à l’ENM, le travail en petit groupe ayant pour vocation de favoriser les échanges entre les auditeurs de justice et avec l’équipe pédagogique, de multiplier les cas pratiques et de les préparer à la collégialité (fait qu’une affaire soit jugée par plusieurs juges).

Des groupes homogènes pour progresser au même rythme

Le service des études de l’ENM, chargé de la répartition des auditeurs de justice dans les différents groupes, s’appuie sur de nombreux critères, en particulier la répartition hommes/femmes et les origines de recrutement, afin d’atteindre un équilibre entre les auditeurs de justice issus des différents concours (en prenant en compte également les rangs de classement) et ceux recrutés sur dossier au titre de l’article 18-1.

La répartition des anciens élèves des classes préparatoires de l’ENM, des auditeurs issus tant des universités que des instituts d’études politiques, des anciens assistants de justice, avocats, greffiers ou directeurs de greffe doit également être la plus équilibrée possible.
Le but de ces groupes homogènes est de garantir une égalité de traitement entre les auditeurs de justice et de permettre à l’ensemble de la promotion de progresser au même rythme au cours de la formation. « Les élèves magistrats, venant d'horizons différents, apportent ainsi une expérience propre particulièrement enrichissante pour les autres », souligne Thomas, auditeur de justice de la promotion 2019.

Encourager les mises en situation et les échanges

Autre avantage des directions d’études : « Le travail en petit groupe permet de bien comprendre toute la technique juridique en effectuant des simulations d’audiences ou en travaillant sur des cas pratiques à partir de cas réels », explique Adriane, auditrice de justice.

Pour Émilie, élève magistrate, « cela encourage les échanges et favorise donc une réflexion commune riche d’expériences et de raisonnements différents, ce qui représente à [son] sens un véritable avantage dans l'apprentissage d'un métier complexe ».

Par ailleurs, le fait de conserver des groupes de travail d’une vingtaine d’élèves dans une promotion qui en compte 321 est important pour préserver la qualité de la relation pédagogique. « Par rapport aux conférences en amphi, le fait d’être en direction d’études libère l'expression orale, ce qui permet ainsi aux formateurs de mieux nous connaître et d'identifier nos difficultés. C’est essentiel pour la suite de la formation », souligne Adriane. Et Thomas de conclure : « Les formateurs peuvent plus concrètement exposer la vision pratique qu’ils ont de leurs fonctions et revenir sur certaines difficultés qu'ils ont eux-mêmes expérimentées en juridiction. »