Échanges entre les auditeurs de justice et leurs homologues européens

Développer une confiance mutuelle

À l’image du concours européen Thémis qui s’est tenu début novembre à Paris, ces échanges annuels ont pour objectif de faciliter le développement d’une culture judiciaire commune. « Il s’agit, pour les participants, de mieux se connaître et d’établir un climat de confiance entre homologues européens pour faciliter de futures coopérations. Ces échanges sont aussi l’occasion d’accroître leurs compétences linguistiques et leurs connaissances en matière de coopération européenne », explique Estelle Cros, animatrice du pôle Dimension internationale de la justice de l’ENM pour la formation initiale.

Des élèves magistrats de 15 pays invités à l’ENM

L’ENM a ainsi reçu, au cours des deux semaines d’échanges, des élèves magistrats européens originaires de 14 pays de l’Union européenne : Allemagne, Belgique, Portugal, Roumanie, Italie, Grèce, Autriche, Bulgarie, Slovaquie, Hongrie, Pays-Bas, Espagne, Lettonie et Croatie.

Trois élèves de l’École de la magistrature albanaise ont également participé à ce programme, en lien avec l’ambassade de France en Albanie, l’ENM ayant des relations privilégiées avec cette école créée sur le modèle français.

Réfléchir à la notion d’identité professionnelle de magistrat européen

Plusieurs temps forts ont rythmé ces échanges, notamment une conférence sur l’approche comparée de la lutte antiterroriste au Royaume-Uni, aux États-Unis et en France avec les interventions d’un magistrat de liaison américain, d’un représentant du FBI et d’un policier anglais.

Nouveauté de cette édition 2018 : une table ronde, le 20 novembre dernier, sur le thème de la construction d’une identité professionnelle de magistrat européen. Animée par Wolfgang Heuzel, directeur l’Académie de droit européen, elle avait pour objectif d’interroger les élèves magistrats sur ce qui les ferait se sentir magistrat européen : application du droit communautaire, partage de valeurs démocratiques, appartenance à une institution européenne commune... Complémentaire des ateliers « judgecraft » – ou l’art d’être juge – initiés en 2017 pour réfléchir aux représentations du métier de magistrat et identifier des compétences ou valeurs communes quel que soit le cadre procédural national, cette table ronde a par ailleurs été proposée à la promotion 2018 en amont d’ateliers sur la question préjudicielle animés par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) les 17 et 18 décembre prochains.

Se confronter à d’autres systèmes et formations judiciaires

Dans le même temps, 140 auditeurs de justice français, principalement sélectionnés sur leur niveau d’anglais, ont passé une semaine en Autriche, Allemagne, Belgique, Bulgarie, Finlande, Portugal, Slovaquie, Croatie, Espagne, Grèce, Italie, Lettonie, Pologne et Suède pour se confronter aux systèmes et formations judiciaires d’autres pays de l’Union européenne.