Pourquoi préparer le 1er concours dans une classe préparatoire ENM ?

Pourquoi préparer le 1er concours dans une classe préparatoire ENM ?

Pourquoi avoir postulé à une classe préparatoire de l’École nationale de la magistrature ?

« Je savais qu’il était préférable de suivre une préparation spécifique à ce concours exigeant et je ne pouvais pas financer une préparation privée, d’autant que le rythme imposé par la préparation du concours ne m’aurait pas permis de conserver un emploi étudiant.
Connaissant mon envie de devenir magistrat, le secrétariat de l’université de Lorraine m’a donné un flyer présentant les classes préparatoires de l’ENM. J’étais boursière et répondais aux différents critères de sélection : je n’ai pas hésité. »

Comment s’est déroulé l’entretien d’admission ?

« Quand j’ai passé mon entretien d’admission à Paris, j’ai vu des candidats réviser la culture générale et se mettre beaucoup la pression. Cela m’a d’ailleurs fait un peu paniquer. Finalement, il s’agissait davantage d’un entretien de motivation que de connaissances : la commission voulait savoir qui j’étais, pourquoi je voulais intégrer une classe préparatoire de l’ENM, pourquoi je souhaitais devenir magistrat... Elle m’a seulement posé quelques questions sur la culture judiciaire en parallèle. Cet échange a été le reflet de ce que je retiens de tout ce cursus : la volonté qu’a l’ENM de donner une chance aux étudiants boursiers motivés et travailleurs.
Au moment de formuler mes vœux, j’avais choisi la classe préparatoire de Douai, notamment parce que les loyers y étaient moins chers qu’à Paris. C’est là que j’ai été affectée. »

Qu’apprend-t-on dans une classe préparatoire de l’ENM?

« Selon moi, les classes préparatoires de l’ENM permettent d’avoir toutes les cartes en mains (outils, cadre…) pour réussir le concours, à condition que l’investissement personnel soit important.
J’ai pour ma part acquis des réflexes méthodologiques : j’avais une bonne rédaction, mais il a fallu que j’apprenne à structurer ma pensée, à argumenter et à motiver. Cela m’a également permis de développer mon ouverture d’esprit, même dans les matières juridiques où j’ai appris à aller voir plus loin, à chercher davantage.
Le suivi personnalisé que proposait l’équipe pédagogique a par ailleurs été un vrai plus. Nous avons chacun eu, peu après notre rentrée, un rendez-vous avec la coordonnatrice de la préparation, qui nous voyait ensuite à notre demande en fonction de nos besoins respectifs. À ses conseils s’ajoutaient ceux des autres intervenants – professeurs d’université, avocats, avocats au conseil, magistrats… -, ce qui nous a permis de construire notre propre méthode de travail.
Enfin, le programme prévoyait des entraînements réguliers aux différentes épreuves d’admissibilité avec trois concours blancs complets au cours de l’année et, chaque semaine, des devoirs portant sur une ou deux matières : un cas pratique et une dissertation de droit civil ou pénal par exemple. Pour les épreuves orales d’admission, la coordonnatrice était également très présente et organisait un entraînement à la demande en fonction de nos besoins. »

Quels sont les autres avantages d’une classe préparatoire ENM ?

« Au-delà de la gratuité de ce dispositif “égalité des chances” et de la bourse dont j’ai bénéficié pendant ma préparation au concours, la classe préparatoire ENM de Douai nous permettait d’accéder, en tant que CPistes, à la bibliothèque universitaire, les cours se déroulant dans les locaux de l’université de Douai. Une salle nous était par ailleurs réservée, avec des ordinateurs et une imprimante à disposition : c’était un lieu où nous nous retrouvions chaque jour, ce qui a favorisé le développement d’une certaine solidarité entre nous.
Je retiens également de cette année de préparation au concours les sorties culturelles qui nous ont été proposées régulièrement et qui nous ont donné de véritables références à utiliser lors du concours. Il s’agissait par exemple de soirées ciné-débat sur des thématiques du droit : nous avons ainsi vu “Much loved” de Nabil Ayouch, à partir duquel nous avons échangé sur la prostitution, ou encore “Soleil vert” de Richard Fleischer, qui nous a permis de débattre sur le droit à l’euthanasie et le dérèglement climatique. Nous avons également effectué des visites guidées de musées, notamment au Louvre-Lens, et assisté à des opéras. Toutes ces activités m’ont permis de m’intéresser à des arts auxquels je n’étais pas forcément sensible auparavant, mais aussi d’avoir un œil plus critique, une autre façon d’appréhender les choses.
Enfin, le regroupement des trois classes préparatoires dans les locaux bordelais de l’École nationale de la magistrature a été l’un des temps forts de cette année de préparation : c’était la première fois que je venais à l’ENM et cela m’a permis de me projeter et de rendre concret ce pourquoi je m’investissais autant. »

Quel est le rythme de travail dans une classe préparatoire de l’ENM ?

« Nous avions la plupart du temps cours tous les jours de 9 heures à 17 heures avec des devoirs chaque semaine. Il fallait aussi travailler le soir et le week-end pour faire des fiches et avancer sur ses révisions. Cela a été une année de préparation vraiment intense.
D’ailleurs, il a fallu que j’apprenne à m’octroyer des pauses. Toutes les trois semaines je rentrais en Lorraine sans emporter de travail : c’était mon week-end de décompression, sur les conseils de la coordonnatrice. »

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