Prix de la recherche 2020 : un nombre record de candidatures

Pour son 10e anniversaire, le Prix de la recherche de l’ENM atteint un nombre record de 30 candidatures. La reconnaissance croissante de ce prix par le monde universitaire consacre les efforts d’un rapprochement entre recherche et magistrature, qui constitue un véritable enjeu pour l’École.

Le pari d’un rapprochement entre recherche et magistrature

Cette année, les jeunes docteurs avaient jusqu’au 10 avril pour présenter leur candidature : pour la première fois, le nombre de participants a atteint la trentaine, contre 26 en 2019. Une croissance qui s’explique notamment par la notoriété grandissante du prix dans le monde universitaire : « Chaque année au moment de l’ouverture des candidatures , nous nous rapprochons de l’ensemble des écoles doctorales de droit en France afin de toucher les jeunes docteurs susceptibles d’être intéressés. En aval, après la remise du prix, nous entretenons sa visibilité en valorisant le lauréat, à qui nous proposons l’exercice filmé de la présentation synthétique de sa thèse en 180 secondes », explique Isabelle Monteils, sous-directrice du département de la recherche et de la documentation de l’ENM.

Les travaux reçus tous les ans par l’ENM surprennent par la variété de leurs sujets : « Les thèses en compétition recouvrent de nombreux domaines du droit pénal et civil, ainsi que la procédure ou le droit européen. D’autres travaux proposent une approche comparatiste, et d’autres encore abordent des thématiques spécifiques ou l’histoire du droit. Il arrive également que nous recevions des sujets plus originaux, par exemple Les personnes sourdes face au droit ou L’enfant refusé », précise Isabelle Monteils.

Faire évoluer la perception de la magistrature

Créé en 2010 pour encourager les jeunes chercheurs en droit à s’intéresser au domaine de la justice, le Prix de la recherche de l’ENM célèbre naturellement des travaux d’une grande qualité scientifique. « Nous voulons par ailleurs distinguer des travaux qui suscitent la réflexion sur le métier de magistrat, sur le corps judiciaire et sur les évolutions qui interviennent dans le droit et, ainsi que le prévoit le règlement du Prix, l’organisation et le fonctionnement de la justice, les pratiques judiciaires internes ou comparées. Le regard extérieur et neutre que porte le monde de la recherche sur l’application du droit et sur l’institution judiciaire ne saurait être que salutaire » , explique Isabelle Monteils. Et d’ajouter : « L’utilité du travail pour le corps judiciaire est donc un critère primordial dans la sélection, qu’il réside dans le thème traité, par exemple Le libre arbitre du juge , dans l’actualité du sujet ou dans la dimension prospective de l’approche choisie. »

Prix de la recherche : une sélection exigeante

Près d’une cinquantaine d’universitaires, maîtres de conférences et professeurs de droit et d’histoire du droit sont sollicités comme évaluateurs pour établir une présélection. « Nous avons la chance de travailler en collaboration avec des universitaires enthousiastes et volontaires, qui parfois acceptent même d’évaluer plusieurs thèses » , souligne Isabelle Monteils.

Les thèses retenues à l’issue de cette première étape sont alors soumises à la scrutation du jury, composé du directeur de l’ENM, de la directrice adjointe et de la sous-directrice du département de la recherche et de la documentation, ainsi que d’un conseiller à la Cour de cassation et de deux professeurs de droit privé et d’histoire du droit. « Le fond comme la forme sont appréciés, et les évaluateurs apportent une attention toute particulière à l’adéquation des travaux examinés aux critères spécifiques du prix de l’ENM : l’institution judiciaire, son organisation et son fonctionnement doivent être au cœur de la réflexion » , indique Isabelle Monteils.

La sélectivité du prix est d’autant plus élevée que le nombre de candidatures augmente, ce qui s’est traduit en 2019 par la décision du jury de distinguer une 2e candidate par l’attribution d’une mention spéciale.

Les dates à retenir de l’édition 2020

Après réception des rapports d’évaluation à la fin du mois d’août, le jury devrait se réunir en octobre pour délibérer, avant de décerner au nouveau lauréat, en décembre 2020, une gratification d’un montant de 5000 euros, assortie d’une publication de sa thèse dans la collection de l’ENM « Bibliothèque de la justice » publiée par l’éditeur Dalloz. Un gage de qualité et de sérieux, qui donnera au jeune docteur une visibilité et une reconnaissance méritées.