Préparation aux premières fonctions : substitut du procureur (2/2)
Publié le 02 août 2017

Maxime Leconte, auditeur de justice de la promotion 2015, effectue son stage de préparation aux premières fonctions au tribunal de grande instance de Bordeaux. Il sera, le 1er septembre prochain, substitut du procureur près le TGI du Mans. Après Zoé Borne, future juge des enfants, il revient sur ce dernier stage de la formation initiale. Entretien.
Quel sera votre premier poste ?
« À partir du 1er septembre 2017, je serai substitut du procureur près le tribunal de grande instance du Mans, dans la Sarthe. Il s'agit d'un parquet de taille moyenne, composé de dix magistrats dont un substitut placé. La semaine passée sur site en juin dernier m'a permis de rencontrer mes futurs collègues, mais également de connaître avec précision la réalité de mes fonctions qui se partageront entre le parquet des mineurs (à 70% du temps environ) et des fonctions plus généralistes : permanences générales et audiences correctionnelles et criminelles.
Pour me préparer au mieux à cette première prise de poste, j'effectue mon stage de spécialisation au parquet de Bordeaux, où j'avais déjà effectué l'intégralité de mon stage juridictionnel. »
Comment se déroule ce stage de spécialisation ?
« À la différence du stage juridictionnel où l'accompagnement du maître de stage est constant, le stage de préparation aux premières fonctions est réellement le moment où l'on va nous laisser un maximum de liberté, mais aussi la possibilité de poser des questions. Par exemple, pour la permanence téléphonique, je peux maintenant prendre certaines décisions sans réaliser de compte-rendu au magistrat. Les appels plus complexes ou qui nécessitent plus de réflexion sont, à l'inverse, l'occasion de présenter au magistrat qui m’encadre la direction d'enquête que je pense être la plus pertinente.
En revanche, les temps d'audiences ou de débats ne peuvent être assurés sans la présence d'un maître de stage. Le rôle de ce dernier est cependant différent par rapport au stage juridictionnel car il reste présent pour valider les réquisitions orales, mais s'attache d’abord à donner les derniers conseils pratiques pour la prise de fonctions le 1er septembre prochain. L'autonomie qui m'est laissée tant dans la préparation des audiences que dans le choix des mesures, sanctions ou peines requises à l'audience, est réelle. En réalité, notre voix compte autant que celle d’un magistrat de plein exercice, mais nous bénéficions encore pour quelques jours d’une entière sécurité puisque nos décisions sont validées. »
Que vous apporte ce stage en termes de spécialisation et de méthode de travail dans la perspective de votre future prise de poste ?
« Le stage de préparation aux premières fonctions a été construit avec le directeur de centre de stage parquet en fonction de mon futur contentieux, pour que je puisse aborder ma prise de fonction le plus sereinement possible. De manière générale, les magistrats du parquet de Bordeaux m'ont immédiatement indiqué que ce stage de spécialisation devait être construit selon mes besoins afin d’être le plus opérationnel possible le 1er septembre. J'ai commencé par cinq semaines au service de traitement direct majeurs du parquet de Bordeaux pour suivre la permanence sur un temps long, prendre le maximum d'appels téléphoniques et gérer le plus de situations différentes possibles. Ensuite, j'ai passé quatre semaines au sein du service de traitement direct mineurs pour cette fois-ci gérer l'intégralité du contentieux des mineurs (assistance éducative – pénal), tant la permanence, le courrier, les débats que les audiences. Enfin, les deux dernières semaines ont été consacrées à l'exécution des peines et au parquet civil pour découvrir des contentieux peu ou pas abordés lors du stage juridictionnel. »
Pouvez-vous nous raconter une semaine type ?
« S'agissant d'une semaine type au service des mineurs, trois jours sont consacrés à la permanence (téléphonique et mail). Avec le magistrat de permanence, nous nous occupons des nombreux signalements des mineurs en danger ou isolés étrangers. Nous devons également assurer les différents déferrements et débats (placements en détention provisoire ou en centre éducatif fermé, révocation du contrôle judiciaire, etc.) lorsqu'il y en a. Les deux derniers jours de la semaine sont consacrés au traitement du courrier ou à la préparation de l’audience du tribunal pour enfants. Ces dernières activités permettent d'appréhender la masse des dossiers à laquelle est confrontée le magistrat et de se projeter sur la tenue à venir de notre cabinet et de la gestion du contentieux. Une nouvelle fois, j’ai pu construire mon stage pour que je puisse aborder le maximum de choses en fonction de mes besoins. Par exemple, après avoir récupéré de nombreuses trames et divers documents juridiques, je consacre quelques heures par semaine à organiser une sorte de permanencier électronique afin d'être prêt à prendre la permanence totalement seul, ce qui sera le cas dès le début du mois de septembre au regard de l'emploi du temps envoyé par mon chef de juridiction. »
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