Julien Cerqueira, major du 3e concours d’accès à l’ENM
Publié le 08 février 2018

À 35 ans, Julien Cerqueira, ancien responsable de projets dans le domaine de l’énergie, a été reçu major de la session 2017 du 3e concours d’accès à l’École nationale de la magistrature réservé aux salariés du secteur privé. Il revient sur son parcours, ses motivations pour devenir magistrat et la manière dont il s’est préparé aux épreuves. Témoignage.
Quel a été votre parcours professionnel avant de passer le concours de l’ENM ?
« Après des études à l’Institut d’études politiques de Lyon, je me suis spécialisé dans la gestion des services urbains (eau, électricité, transport) dans les pays en développement. J’ai alors intégré une organisation non gouvernementale (ONG) française luttant contre la pauvreté et les inégalités, en tant que responsable de projets d’accès à l’énergie en milieu rural. J’ai d’abord travaillé comme expatrié pendant six ans, puis je suis rentré en France pour assurer la coordination du programme “ Energies ” de cette ONG. »
Pourquoi avez-vous décidé de vous reconvertir dans la magistrature ?
« Les dix années que j’ai passées à travailler dans le domaine du développement ont nourri ma réflexion sur les questions d’égalité, d’équité et de justice. J'ai également pris conscience au cours de mon expérience que j'étais attiré par la matière juridique, que j’approchais régulièrement dans le cadre de contrats de délégation de service public ou de passation de marché.
Après mon retour en France, j’ai souhaité travailler sur des problématiques propres à la société française. La fonction de magistrat répondait à mes attentes professionnelles : m’épanouir dans un travail porteur de sens, de valeurs et d’engagement ; m’impliquer dans un service public vital à l’équilibre de la société ; résoudre des problèmes concrets avec rigueur et impartialité. La diversité des postes proposés et la mobilité géographique étaient également des attraits majeurs de la fonction. »
Comment avez-vous préparé le concours ?
« J’avais fait un peu de droit lors de ma scolarité à l’IEP de Lyon, mais j’étais loin d’avoir les connaissances suffisantes pour intégrer l’ENM. Afin de mettre toutes les chances de mon côté, j’ai décidé de quitter mon emploi pour me consacrer entièrement à la préparation du concours. J’ai intégré la préparation à distance de l’IEJ Paris I Panthéon Sorbonne, qui propose des enregistrements audio et vidéo de l’ensemble des cours ainsi que cinq sessions de galops d’essai par matière. Cette organisation était idéale pour moi, car je pouvais avancer à mon rythme en alternant les cours sur support numérique et le travail personnel sur des manuels, et m’entraîner pour chaque épreuve en conditions réelles. J’ai par ailleurs pu effectuer un stage à la cour d’appel de Paris, à raison d’une journée par semaine, afin de mieux comprendre le fonctionnement d’une juridiction. »
Quels conseils donneriez-vous aux futurs candidats pour préparer le concours ?
« Mon principal conseil est de bien comprendre ce que le jury attend des candidats, afin de préparer le concours en essayant de répondre à ses exigences. Il est impossible de maîtriser l’intégralité du programme, surtout si on prépare le concours en conservant son activité professionnelle. Il faut donc avant tout se concentrer sur les grandes lignes de chaque matière et savoir s’appuyer sur ses codes pour aller chercher les connaissances plus précises.
Par ailleurs, ce concours est une épreuve de fond, qui demande un travail continu. Il ne faut pas s’épuiser par des journées de révision sans fin. Je recommande d’organiser sa préparation en gardant toujours un peu de temps pour soi et ses proches. »
Que représente pour vous le fait d’être major de votre promotion ?

« Ma vraie satisfaction a été d’être reçu. Être major est une fierté supplémentaire, qui montre aux personnes en activité professionnelle que le concours de l’ENM est accessible même si l’on n’a pas fait cinq années de droit à l’université. »

Les inscriptions aux trois concours d’accès à l’ENM sont ouvertes jusqu’au 15 mars 2018.

Lire aussi :
Le témoignage de Nicolas Laczny, major de la session 2016 du 3e concours d’accès à l’ENM
Le témoignage de Dalila Banicevic, major du concours complémentaire 2017 de l’ENM