Ce que les élèves apprennent dans les classes préparatoires de l’ENM
Publié le 12 avril 2016

« Avec dix-huit élèves chacune, les classes préparatoires de l’ENM garantissent un suivi individualisé et une cohésion de groupe qui aident beaucoup les candidats au 1er concours », explique Olivier Dubos, professeur coordonnateur des enseignements dispensés dans la prépa bordelaise. Des semaines de concours blancs aux sorties culturelles proposées aux élèves, il revient sur le déroulement de cette année intense.
Comment se passe la préparation au 1er concours de l’ENM ?
« La rentrée a lieu en octobre et nous nous concentrons sur les épreuves d’admissibilité jusqu’en juin. Il y a entre seize et vingt heures de cours hebdomadaires et une journée de concours blanc pour s’entraîner aux différentes épreuves : connaissance et compréhension du monde contemporain ; organisation de l’État, de la justice, libertés publiques et droit public ; droit civil ou procédure civile et droit pénal ou procédure pénale. En parallèle, il y a aussi trois semaines entières de concours blancs. Sans oublier le travail personnel à fournir : lectures, préparation des cours, exercices… Au total, les étudiants consacrent environ six journées par semaine au concours.
A partir de juin commence, pour les élèves admissibles uniquement, la préparation aux épreuves d’admission : mise en situation et entretien avec le jury, droit européen et droit international privé, droit social et droit commercial, note de synthèse et langues vivantes.
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Qu’apprennent les élèves dans ces classes ?
« Nous travaillons davantage la méthodologie liée aux différentes épreuves que les connaissances en tant que telles, même s’ils en acquièrent forcément de nouvelles au fil de nos échanges.
Pour les épreuves d’admission, l’objectif est notamment qu’ils puissent s’entraîner à la mise en situation et à l’entretien avec le jury - qui peuvent parfois effrayer - dans des conditions proches de celles du concours : nous faisons ainsi venir des magistrats, des universitaires et des avocats pour le jury.
Nous proposons aussi aux élèves des activités culturelles (visites de musées, pièces de théâtre, concerts symphoniques…) : c’est toujours utile pour l’épreuve de connaissance et compréhension du monde contemporain.
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En quoi les classes préparatoires de l’ENM se différencient-elles des autres systèmes de préparation au concours ?

« Je pense que le principal avantage des classes ENM est lié au petit nombre d’étudiants qu’elles accueillent. Cela permet vraiment un suivi personnalisé sur le plan pédagogique puisque nous connaissons les étudiants, pouvons échanger facilement avec eux et donc mieux nous adapter à leurs difficultés. Le fait qu’ils soient au maximum dix-huit nous permet également de leur proposer plusieurs entretiens individuels dans l’année mais surtout de pouvoir corriger plus de copies par élève que dans une grande promotion. Au total, ils font tout de même l’équivalent de neuf concours blancs pour les épreuves d’admissibilité : c’est un bon entraînement.
Ce travail en petit groupe favorise aussi la cohésion entre les étudiants, indispensable pour gagner en productivité grâce au partage et à la mise en commun des recherches par exemple. Il me paraît par ailleurs plus efficace de préparer son concours dans une ambiance sympathique et bon enfant que de s’inscrire dans une compétition alors que c’est déjà angoissant. À la rentrée, nous proposons ainsi aux élèves de la prépa bordelaise une session de deux jours pendant laquelle un acteur leur demande de faire des exercices pour créer de l’émulation mais surtout de la solidarité.
Enfin, les activités culturelles en groupe sont aussi un petit plus des classes préparatoires de l’ENM : s’oxygéner l’esprit et prendre du recul est toujours bon quand on s’implique dans une préparation intense de concours.
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