Sandrine Papy, major du 3e concours d’accès
Publié le 20 janvier 2016

Sandrine Papy, 34 ans, a été reçue major au 3e concours d’accès à l’ENM, réservé aux salariés du secteur privé. Elle revient sur son parcours, ses motivations à devenir magistrat et la préparation du concours. Interview.
Quel a été votre parcours universitaire et professionnel ?
Après avoir effectué un cursus classique en droit, j’ai obtenu en 2004 un DEA de Propriété Intellectuelle et ai intégré le CRFPA de Rennes. Puis, j’ai exercé en qualité d’avocate collaboratrice durant 6 ans au sein de cabinets généralistes à Meaux et à Lorient, où j’avais principalement en charge le contentieux civil et social. J’ai également eu une expérience en entreprise durant trois ans en qualité de juriste en droit social au sein d’un groupe d’assurance.
Quels aspects du métier de magistrat vous ont encouragée à choisir cette reconversion ?
Ce métier m’a toujours intéressée. Cependant, à l’issue de mon cursus juridique, je craignais de ne pas avoir le recul suffisant pour l’exercer. Ayant réussi le CRFPA du premier coup, cette envie, restée en sourdine, s’est véritablement révélée au contact des magistrats que j’ai pu rencontrer. Ces derniers exercent, comme l’avocat, un métier profondément humain. Le barreau est une excellente école pour comprendre les rouages de la justice, pratiquer la contradiction, côtoyer des justiciables de tous horizons et percevoir ce que peut représenter pour eux une décision de justice. Jouer un rôle de régulateur social et trancher les litiges ont constitué des dimensions déterminantes dans mon choix de reconversion. La mobilité fonctionnelle a également constitué un levier de motivation puisqu’elle permet de ne pas s’enfermer dans un seul domaine juridique, de changer de fonctions et de lieux de vie.
Quels conseils donneriez-vous aux candidats pour bien préparer le 3e concours ?

Le concours constitue un véritable marathon et nécessite un lourd investissement personnel. Une véritable motivation chevillée au corps est primordiale et rendra accessible ce concours certes difficile.

Suivre une préparation me paraît important pour ceux qui sont sortis des bancs de la fac depuis de nombreuses années. Elle permet de se confronter régulièrement aux contraintes horaires inhérentes au concours. J’ai opté pour l’IEJ de Paris I, qui offrait la possibilité de suivre leurs cours à distance.

Au vu de l’ampleur du programme, une certaine organisation est nécessaire pour concilier préparation du concours et vie privée et familiale. J’établissais des plannings précis semaine par semaine. Ne pas culpabiliser et s’octroyer des plages de repos me semble également salutaire notamment dans les moments de « ras-le-bol ». Une lecture régulière de revues juridiques est également précieuse pour se tenir informé des grandes tendances et/ou réformes.

Par ailleurs, la culture générale est dotée d’un fort coefficient. Il ne faut donc pas la négliger. Celle-ci est peu enseignée en faculté de droit contrairement aux IEP. Pour ma part, je m’efforçais de balayer la presse quotidiennement en me concentrant sur quelques articles de fond. Afin de ne pas m’éparpiller, j’ai également fait le choix de travailler principalement sur certains auteurs (Amartya SEN, Ricoeur, Arendt, Kant, Hegel et Aristote) dont les idées/concepts sont réutilisables dans de nombreux sujets. De plus, je conseillerais fortement d’effectuer un stage en juridiction. Ce dernier permet non seulement d’appréhender le futur environnement professionnel mais aussi d’enrichir son grand oral. Enfin, il ne faut pas hésiter à travailler en groupe, ce qui peut constituer un vrai soutien dans cette préparation au concours.