Réunion des experts menant des missions à l’international pour l’ENM
Publié le 25 juillet 2016

Le 29 juin dernier était organisée, à Bordeaux, une journée dédiée aux magistrats réalisant des missions d’expertise pour l’ENM. Le point sur les objectifs de cet événement et les projets phares de l’École à l’étranger avec Benoît Chamouard, sous-directeur et chef du département international de l'École.

« La majorité des pays connaissent l’ENM et ont une vision très positive de la formation qu’elle dispense », explique Samuel Vuelta-Simon, procureur de la République près le TGI de Bayonne qui intervenait, durant cette journée des experts, sur les attentes du magistrat de liaison relatives au travail des experts français à l’étranger.

L’événement a réuni, le 29 juin dernier, quelques 60 participants auxquels ont notamment été présentés les activités internationales de l’ENM, certains de ses projets emblématiques, les mesures élémentaires d’anticipation des risques et des crises lors des missions et l’organisation logistique de ces dernières. Objectif : informer les experts sur le cadre général de leurs missions.

Quel est le profil des magistrats qui effectuent des missions d’expertise pour l’ENM ?
« Il y a deux profils d’experts différents : les « experts École » et les experts thématiques. Les premiers sont des magistrats qui travaillent ou ont travaillé à l’ENM : leur mission est d’aider au renforcement des instituts de formation étrangers, de montrer aux pédagogues comment former les élèves magistrats et construire des programmes de formation efficaces, ou encore de travailler sur la gouvernance des établissements. Les experts thématiques ont pour leur part une spécialité, qui peut être la matière civile ou pénale, la matière économique et financière, la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée, la propriété intellectuelle, etc. »
Quelle est la vocation des missions que mène l’École avec ces experts ?
« Il y a d’abord un objectif pédagogique puisqu’une bonne formation des élèves magistrats étrangers favorise une meilleure justice dans les pays où elle est dispensée.
Mais l’objectif est aussi diplomatique : créer des liens à l’international permet de faciliter les coopérations entre pays.
»
Sur combien de projets travaille actuellement l’ENM ?

« Une vingtaine de projets sont actuellement en cours, dont cinq projets importants de renforcements d’écoles.

Nous travaillons notamment avec l’Académie judiciaire d’Abu Dhabi pour qui nous avons effectué une mission d’audit avant de conclure un projet de renforcement de deux ans, qui a débuté en septembre 2015. Ce dernier aborde l’ensemble des thématiques : gouvernance, recrutement des élèves magistrats, pédagogie en formation initiale et en formation continue, ou encore rayonnement international de l’établissement. Il s’agit d’un projet particulièrement intéressant parce que les Émiriens avancent à grande vitesse : ils vont créer un véritable concours de recrutement d’élèves magistrats et augmenter la taille des promotions. Ils travaillent aussi avec l’ENM sur la conception du programme de formation pour la rentrée d’octobre prochain, avec l’objectif de faire progresser leur méthode et de renforcer leur justice dans les années à venir.

À titre d’exemple également, nous venons de clôturer un projet thématique à Dakar : il s’agissait d’une dizaine de séminaires sur deux ans dont l’objectif était de renforcer les capacités des magistrats sénégalais en matière de lutte contre la criminalité organisée. »

Parallèlement à ces projets, le département international de l’ENM accueille des délégations étrangères sur les sites parisien et bordelais de l’École et des séminaires bilatéraux. Il propose également un catalogue de formations à destination des magistrats étrangers.